Millenium 5 de David Lagercrantz

Le résumé
Lisbeth Salander purge une courte peine à la prison des femmes de Flodberga et fait tout ce qu’elle peut pour éviter les conflits avec les autres détenues. Quand elle prend la défense d’une jeune Bengladaise, elle est immédiatement défiée par Benito, la meneuse de la prison.
Holger Palmgren rend visite à Lisbeth et lui raconte qu’il a reçu des documents portant sur les abus commis par les autorités qu’elle a subis pendant son enfance. Lisbeth demande à Mikael Blomkvist de l’aider pour en savoir plus. Des indices les mènent sur les traces d’un certain Leo Mannheimer, associé de la société de gestion Alfred Ögren.
Comment le passé d’un jeune homme de bonne famille, issu des circuits de la finance, peut-il être lié à celui de Lisbeth ? Et comment Lisbeth va-t-elle faire face aux intimidations de plus en plus menaçantes de Benito et de sa bande.

Dans « La fille qui rendait coup pour coup« , David Lagercrantz tisse une trame haletante sur l’abus de pouvoir, sur les zones d’ombres de l’enfance de Lisbeth qui continuent de la hanter.

Mon avis
J’avais eu quelques difficultés à entrer dans l’histoire tissée par David Lagercrantz dans le 
Millenium 4. Tel ne fut pas le cas avec ce cinquième opus. Pour autant, je ne dirais pas du tout que j’ai adoré. Ce livre se laisse lire et je me suis laissée tenter car j’aime vraiment les personnages qu’avait créés feu Stieg Larsson. Ce cinquième tome n’a bien évidemment pas la plume talentueuse de Stieg Larsson mais l’on ne peut pas non plus comparer les deux auteurs, chacun son style, chacun son écriture. Je l’ai somme toute lu assez vite même si je regrette que le personnage de Lisbeth ne soit pas plus présent, plus décortiqué, de la même manière que l’enquête menée par Mickael Blomkvist. L’intrigue est intéressante et suscite la curiosité mais je suis tout de même restée sur ma faim. Je ne vois pas la vraie chute à cette quête et études sur les jumeaux. Oui Léo et Dan sont intéressants, les scientifiques aussi, mais le tome 5 présente aussi des longueurs. Benito est un personnage qui aurait également à mon avis mérité d’être plus creusé. Oui elle est violente, oui elle a des affinités discutables mais pourquoi, le mystère reste entier et l’on n’en apprendra pas plus sur ce personnage. Dommage ! Donc ce n’est pas une lecture que je recommande absolument mais les inconditionnels de Lisbeth peuvent un peu replonger dans son univers. 

Je sais pas de Barbara Abel

« Je sais pas » Barbara Abel

Le résumé
C’est le grand jour de la sortie en forêt de l’école maternelle des Pinsons : un avant-goût de vacances. Tout se déroule pour le mieux jusqu’au moment du retour, quand une enfant manque à l’appel. Emma, cinq ans, a disparu. C’est l’affolement général. Que s’est-il passé dans la forêt ? À cinq ans, on est innocent. Pourtant, ne dit-on pas qu’une figure d’ange peut cacher un coeur de démon ?

Mon avis
Quand j’ai rencontré Barbara Abel en mai dernier, elle assurait la promo de son dernier opus « Je sais pas ». Je n’avais alors pas craqué sur celui-ci car le sujet, une disparition d’enfant durant une sortie scolaire, me dérangeait un peu et me mettait même mal à l’aise. Depuis, j’ai lu nombreux livres de cette auteur et j’apprécie vraiment son écriture, la dimension psychologique de ces ouvrages. Dérangeant, voilà bien le sentiment qui m’animait à la lecture du résumé. Mais que dire de la lecture de ce bouquin ? Il est justement dérangeant par le caractère étrange de cette petite fille Emma. Elle a 5 ans mais la maturité d’une enfant plus âgée. Ses attitudes, ses comportements, tout en elle repousse plutôt que d’attendrir. Et le parallèle avec Mylène cette jeune femme malmenée est juste époustouflant et très habile. Des générations différentes mais des attitudes et comportements similaires à tel point que je n’ai pas été surprise du comportement d’Emma quand les deux personnages se retrouvent en huis clos. J’ai perçu la noirceur de ces personnages et j’ai aimé cette manière de les décrire et de faire évoluer les autres personnages autour d’elles. Ce sont deux caractères forts sous des airs de personnes fragiles et sensibles.  Car ce sont bien elles les deux personnages centraux, les autres ne sont que figurants en fin de compte pour moi. Mais l’univers de ce thriller est quand même glaçant. Aucun des personnages n’est simple. Tout est sujet à ambiguïté. Donc j’ai aimé évidemment  et je recommande !

D’ombre et de silence de Karine Giebel

« Écrire une nouvelle, c’est tenter, en quelques lignes, de donner vie à un personnage, de faire passer au lecteur autant d’émotions qu’en plusieurs centaines de pages.
C’est en cela que la nouvelle est un genre littéraire exigeant, difficile et passionnant
« , 
Karine Giebel sur le site de son éditeur Belfond.

Le résumé
« Partir sans lui dire au revoir.
Parce que je me sens incapable d’affronter ses larmes ou de retenir les miennes.
L’abandonner à son sort.
Parce que je n’ai plus le choix.
(…)
Je m’appelle Aleyna, j’ai dix-sept ans.
Aleyna, ça veut dire éclat de lumière.
(…)
J’ai souvent détesté ma vie.
Je n’ai rien construit, à part un cimetière pour mes rêves. Là au moins, on ne pourra pas me les voler. »
Si les romans de Karine Giebel sont parmi les plus lus en France et ont fait le tour du monde, celle-ci excelle depuis quelques années dans un genre tout aussi exigeant : la nouvelle, où elle condense en quelques pages seulement toute la force de ses romans. « D’OMBRE ET DE SILENCE » réunit huit textes, dont certains sont inédits et d’autres restés jusqu’à aujourd’hui très confidentiels. Voici l’occasion de (re)découvrir Karine Giebel intensément, grâce à ce recueil de nouvelles noires, humaines, engagées…
 
Mon avis
Je suis toujours impatiente de découvrir les nouveaux écrits de Karine Giebel, devenue l’un de mes auteurs préférés depuis « Meurtres pour une rédemption ». J’ai lu tous ses ouvrages. Celui-ci encore une fois m’a prise aux tripes et mon coeur en a été saisi. Elle a écrit ces nouvelles avec un tel talent que vous tournez encore une fois les pages toujours plus vite. Huit nouvelles, huit coups au coeur. L’une d’elle notamment « J’ai appris le silence » avait déjà été publiée et ej m’en souvenais. Celle-ci m’avait marquée quand je l’avais lue, déjà à l’époque. Des nouvelles fortes, empreintes de noirceur quand même, des personnages forts, beaucoup d’humanité, de souffrance et tellement dans l’actualité. Un ouvrage à lire absolument !

La sorcière de Camilla Lackberg

Le résumé
Nea, une fillette de 4 ans, a disparu de la ferme isolée où elle habitait avec ses parents. Elle est
retrouvée morte dans la forêt, à l’endroit précis où la petite Stella, même âge, qui habitait la même ferme, a été retrouvée assassinée trente ans plus tôt. Avec l’équipe du commissariat de Tanumshede, Patrik mène l’enquête, tandis qu’Erica prépare un livre sur l’affaire Stella. 

Mon avis
Camilla Läckberg nous offre ici son art d’écrivain. Je trouve que « La sorcière » est son meilleur opus ». Elle a bien creusé ses personnages et leur apporte ainsi plus de profondeur. J’y étais déjà attachée mais ce livre a renforcé mon attachement pour sa galerie de personnages récurrents. Je les retrouve avec vraiment beaucoup de plaisir. Ce polar comporte aussi ici une vraie dimension historique. Elle a enrichi le nombre de personnages, alterne les chapitres entre les époques et c’est fascinant. 700 pages mais que l’on ne lâche pas de bout en bout. Les premiers chapitres pose le rythme entre 17ème siècle et époque actuelle. Le lecteur peut être un peu perturbé et chercher le lien. Cela ne dure pas. Très vite, Camilla Läckberg le guide et l’emporte là elle veut et c’est très habile. L’actualité, la politique sont également au coeur du livre. Bref, tous les éléments d’un livre réussi pour captiver son lecteur. J’ai adoré et j’ai été impressionnée par le final de ce polar. Bravo

Quand sort la recluse de Fred Vargas

Le résumé
– Trois morts, c’est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.
– Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J’ai donc rendez-vous demain au Muséum d’Histoire naturelle.
– Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ?
– Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
– Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l’araignée recluse ?

Mon avis
Je découvre Fred Vargas avec ce dernier polar qu’elle a publié récemment. Je suis donc entrée dans l’univers de cette auteur et j’avoue que même si j’ai été un peu déstabilisée par le début, j’ai très vite été happée par les personnages. Car c’est en fait la force de Fred Vargas. Elle attache beaucoup d’importance à ses personnages, peut-être plus qu’à l’intrigue elle-même. J’ai aimé découvrir le commissaire Adamsberg et sa façon peu conventionnelle de mener une enquête entouré de son équipe où chacun a aussi son originalité. Bref ce n’est pas du polar classique et c’est tant mieux. Cette histoire d’araignée recluse m’a donné quelques frissons mais c’était pour me pousser à tourner les pages plus vite. Je recommande donc vivement !
 

Mortels trafics de Pierre Pouchairet

Le résumé
À croire qu’il est plus important d’intercepter des « go fast » de cannabis que d’arrêter des tueurs…
Si la marchandise est perdue, rien ne vous protègera plus, même pas les barreaux d’une prison…
Une rumeur assassine s’en prend à l’innocence d’une famille.
La violence des trafics mobilise Stups et Crim’ au-delà des frontières, dans le secret d’enquêtes mettant à l’honneur des tempéraments policiers percutants, parfois rebelles, toujours passionnés.

Mon avis
Avec ce polar, j'ai plongé directement dans l'intrigue comme si j'étais devant un écran de cinéma. Je ne suis pas surprise qu'il ait obtenu le Prix du Quai des Orfèvres 2017, c'est tout simplement une plongée, presque en apnée dans l'univers des trafics de drogue, dans les différentes unités de la police et dans la manière dont elle peuvent travailler ensemble quand une affaire le requiert. Rivalités, fierté, professionnalisme, flics un peu cabossés, usés parfois mais toujours passionnés et à fond… tout y est. Une petite touche de soupçon terroriste et l'intrigue est au coeur de l'actualité. L'histoire nous trimbale entre Paris, Nice, le Maroc et l'Espagne. Et j'ai envie de dire, tambour battant ou plutôt à la vitesse d'un Go fast même si ici, on parle de Go slow. Une description des trafiquants de drogue qui fait frémir et qui semble pourtant bien réaliste. Rien ne les arrête. J'ai aimé ce polar rythmé et cette intrigue qui reste les pieds ancrés dans la réalité, même si c'est parfois violent.
 

Entre deux mondes d’Olivier Norek

Le résumé
Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir. 
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds. 
Un assassin va profiter de cette situation. 
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou. 
Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

Mon avis
« Adam a découvert en France un endroit où l’on peut tuer sans conséquences ». Voilà le résumé au dos du livre. Il attise la curiosité, cela va sans dire. Comme je suis une adepte d’Olivier Norek, peu importe pour moi, j’attendais juste la sortie de son nouveau bouquin. Je savais qu’il n’a’avait rien à voir avec les précédents… Un roman magistral. Un énorme coup de coeur. J’aimais déjà son écriture incisive de flic. Direct sans vraiment de fioritures. Je dirais à vif. Mais là, il passe dans un autre registre et son histoire et ses personnages vous prennent aux tripes. Il est au coeur de l’humain avec une écriture qui transpire l’humanité. Le style, les personnages, l’histoire, rien ne peut vous laisser de marbre. Il vous plonge au coeur de la Jungle de Calais. C’est un polar mais pas seulement… Adam et Bastien, deux nationalités différentes mais finalement avec la même âme de flic. Et que dire de Kilani, ce gamin écorché vif ? Bref, ce roman vous happe, vous emporte et vous ressortez de cette lecture avec juste envie de dire « Ouahhhh quelle claque ! » Donc un roman époustouflant, de qualité, à lire absolument !

Lynwood Miller / Pas de printemps pour Eli de Sandrine Roy

Le résumé
Lynwood Miller, le retour !
Le beau mais ténébreux ex-GI coule le parfait amour avec la jeune, belle mais très curieuse Éli. Tous deux profitent béatement des douceurs de l’été pyrénéen lorsqu’un coup de téléphone vient rompre cette quiétude : le père de Lynwood est décédé. L’ancien membre des forces spéciales américaines va devoir retourner au Texas pour l’enterrement. Il va lui falloir aussi révéler à ce qui reste de sa famillle qu’il n’est pas mort depuis vingt ans ! Sa fiancée est, bien sûr, du voyage. Tout juste arrivé dans le ranch familial pour les obsèques, le couple découvre que des truands font pression sur James, le frère de Lynwood, qui doit juger – et condamner ? – un redoutable trafiquant…
Drogue, assassinat, enlèvement, poursuites, massacre, rien ne manque à cette nouvelle aventure de Lynwood Miller au pays des cow-boys et… du gaz de schiste. Il faudra toute la détermination et les compétences particulières de l’ancien soldat et les pouvoirs quelque peu stupéfiants d’Éli pour sauver leurs proches des agissements de la pègre.

Mon avis
J’avais découvert Lynwood Miller en septembre 2016 et et depuis j’ai attendu de pouvoir lire la suite avec beaucoup d’impatience. Quel bonheur d’avoir pu replongé dans cette histoire qui évolue au coeur des Pyrénées, sur la côte puis aux Etats-Unis. Les personnages créés par Sandrine Roy sont hors du commun, vraiment atypiques et tellement passionnants. Eli, cette jeune femme que l’on découvre encore davantage dans ce second opus a tout pour que l’on ait envie de rester avec elle et de la découvrir encore plus. Quant à Lynwood, cet ex-GI des forces spéciales américaines se consume d’amour pour elle, envers et contre tous. Il n’a plus rien de l’homme que rien n’arrête quand Eli est à ses côtés. On le sent devenir vulnérable. Cette fois-ci, on les suit dans une aventure aux Etats-Unis mais ce pourrait être encore une fois n’importe où, tant l’on s’attache aux personnages de cette suite. Sensibilité à fleur de peau, intuition, amour, crime, enlèvement, tout y est pour harponner le lecteur et ne plus le lâcher. Encore une fois, j’ai adoré mais je suis tellement déçue de laisser ces personnages. Je me réjouis de lire dans quelques temps le tome 3 mais l’attente va être longue…

Ne regarde pas l’ombre de Laurent Philipparie

Le résumé
À deux pas des Invalides, lors d’un banal contrôle routier, Grégoire Janot, l’ennemi public numéro un, est interpellé. Antoine Desade, le célèbre acteur, l’ami du ministre de l’Intérieur, se fait agresser…
Réputé le plus calme de Paris, le commissariat du 7e arrondissement voit les missions urgentes s’enchaîner. La situation vire au cauchemar lorsque Janot et ses complices prennent le commissariat en otage. L’intervention de Germain, un flic sorti de nulle part, bouleverse le cours des événements. Le commissaire Nicolas Valmer, « patron » de permanence, confronté à une situation inédite, va être amené à explorer coulisses policières aussi terribles qu’insoupçonnables…

 

Mon avis
J’ai rencontré Laurent Philipparie au salon du polar de l’Entre Deux Mers, organisé en mai 2017 par les Psychopathes du polar à Fargues Saint-Hilaire (Gironde). Une rencontre fort sympathique qui m’a donné envie de découvrir l’univers romanesque de ce capitaine de police. 

On retrouve une écriture de flic, un peu nerveuse, un peu trash dans les détails sanglants parfois. Et on découvre aussi un univers faits de non-dits, de dissimulation, de personnages un peu borderline. J’ai bien aimé même si je trouvais le début un peu trop facile. C’était en fait une jolie manière d’harponner le lecteur et de le conduire dans cet univers policier où on le comprend bien la solidarité, la loyauté entre collègues, la protection entre eux prédominent. On comprend aussi qu’il doit être bien difficile d’être un peu à part, de se désolidariser si cela devient nécessaire. La force de cette unité décrite réside dans sa solidarité, son soutien envers les autres et surtout le silence parfois aussi. Un monde où l’on est semble-t-il bien avisé d’avoir et de garder des soutiens. Une découverte intéressante donc, ce polar.

 

L’invité sans visage de Tana French

Le résumé
Une superbe jeune femme est retrouvée assassinée chez elle, au pied de sa table dressée pour un dîner romantique. L'inspecteur Antoinette Conway, de la brigade criminelle de Dublin, est chargée de l'enquête avec Stephan Moran. Il est son seul allié dans un quotidien fait de mesquineries et d'humiliations – pas facile d'être une femme flic en Irlande.
Tout condamne a priori le nouveau petit ami de la victime, et les autres inspecteurs font pression sur Antoinette pour qu'elle le mette derrière les barreaux, or elle résiste, persuadée que l'affaire n'est pas si évidente que le laissent présager les apparences. C'est alors que le crime prend une tournure bien moins banale…

Mon avis
J'ai reçu ce polar début avril juste après sa sortie, de la part de Calmann-Lévy que je remercie. J'en ai alors lu 140 pages sur ses 550. Et je me suis arrêtée car je n'étais peut-être pas dans la bonne période pour l'aborder. Profitant de mes congés d'été, j'ai donc repris ce polar laissé de côté car je voulais me faire un avis plus précis sur cette lecture et surtout je voulais aller au bout. L'occasion aussi pour moi de découvrir cet auteur. Je n'ai pas été déçue même si je dois avouer que je crois que j'aurai préféré qu'il soit moins long. Tana French oriente son histoire surtout sur les flics de ce polar et sur leurs relations, plutôt que simplement sur la résolution du meurtre. Elle décrit les vieux briscards à l'expérience éprouvée et les deux jeunes inspecteurs de la brigade criminelle que sont Antoinette et Steve. Leur jeunesse leur est parfois reprochée. Ce polar décortique toute l'enquête, pas à pas. C'est peut-être un peu long parfois mais en fait, tout compte et tous les détails sont importants car Tana French pose progressivement toutes les pièces d'un puzzle franchement bien mené. On découvre les personnages, ces flics et les autres tour à tour et surtout elle met en exergue la manipulation des uns, les doutes des autres. Son personnage principal Antoinette semble armée et rompue à toutes les critiques qui pleuvent sur elle, mais elle doute aussi à un moment, ne pensant ne plus avoir aucun allié tant les rumeurs et les commentaires désagréables sont fréquents à son égard. Peut-elle compter sur son co-équipier Steve ? Pas si sûr… Bref ce polar nous tient en haleine jusqu'au bout et franchement j'ai bien aimé la manière dont il est écrit et l'intrigue telle qu'elle est tissée. Les rebondissements sont malins et la manière de conduire le lecteur à découvrir la résolution du meurtre est vraiment bien construite. Et surtout Antoinette est un personnage fort, au caractère bien trempé qui évolue dans un milieu d'hommes. Ils aimeraient bien pour la plupart la pousser dehors, ne plus se laisser commander par elle. Un personnage vraiment intéressant. Je recommande donc sans hésiter.