Le roman de Molly N. de Sophie Carquain

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Le 14 janvier 2020 en librairie

Résumé

Pour ses amis et sa famille, Molly N. a disparu en septembre 2010. Plus aucun signe d’elle. Menacée de mort par une fatwa suite à un concours de caricatures du prophète Mahomet, la cartoonist de Seattle a dû intégrer le programme de protection de témoins du FBI, changer de ville, de nom, d’identité.

Comment renaître à l’autre bout du monde ? Comment vivre sous haute protection ?

Cela fera bientôt dix ans qu’elle a disparu.

Fascinée par cette histoire, dont elle entend parler le 7 janvier 2015, jour de l’attentat contre Charlie Hebdo, Sophie Carquain décide d’en faire un roman : « Il m’a fallu affronter une situation inédite : écrire le destin d’une femme qui vit encore mais n’existe plus sous son vrai nom. Ce livre est aussi le récit d’une enquête qui m’a menée plus loin que prévu – vers un secret familial. »

Mon avis

Coup de cœur pour cette immersion dans le quotidien d’une caricaturiste condamnée par une fatwa à plonger dans la clandestinité. J’ai vraiment mais alors vraiment adoré ce roman, et d’autant plus qu’il est inspiré d’une histoire vraie. 

Ce roman est passionnant et la narration a cela d’original que l’auteure consacre tantôt des chapitres à Molly/Maureen, tantôt à cette journaliste qui part sur les traces de la caricaturiste. Cette narration alterne donc les points de vue et le récit n’est que plus prenant. 

La relation mère-fille , qui plus est d’une ado, est également fort bien décrite et très réaliste. Les sentiments et émotions de Molly sont fort bien décortiqués et l’on comprend d’autant mieux qu’elle est comme amputée de tout son être, de sa raison de vivre et de ce qui lui permettait depuis l’enfance d’exister : le dessin. 

Le dessin l’avait sauvée d’une enfance difficile auprès d’une mère plutôt distante, d’enfants puis d’ados dans lesquels elle ne se reconnaissait pas…

Le dessin lui permettait d’exprimer sa manière de voir et d’appréhender le monde, ses relations aux autres. Précoce sans que le mot ne soit jamais écrit, un personnage à l’hypersensibilité exacerbée tout comme Grâce/Gabrielle. Mais le dessin est aussi finalement ce qui l’a contrainte à vivre dans la clandestinité pour ne pas perte abattue. Traquée, elle survit plus qu’elle ne vit. 

J’ai aimé la quête de cette journaliste. On navigue entre réalité (l’horreur des attentats de 2015, Charlie Hebdo, le Bataclan…) et fiction et c’est passionnant. Enfin, j’ai apprécié la plume journalistique de l’auteure. 

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