Entretien avec Baptiste Beaulieu

Cette semaine, Baptiste Beaulieu a accepté de répondre à mes questions. Et cette interview est pleine de vie à l’image de cet auteur si chaleureux et à la plume si sensible.

 

 

Qui êtes-vous en quelques mots ?
Oh la la, voilà une question à laquelle il est très difficile de répondre… Bon alors, je suis le fils de mon père et de ma mère, des gens formidables. Ils m’ont bien élevé avec des vraies valeurs.
Je suis quelqu’un qui aime regarder les visages, lire de la poésie et boire du café au lait.

Baptiste-BeaulieuQuelle place occupe la lecture dans votre quotidien ?
Une place très importante. Le premier échauffement d’un romancier, c’est avant tout la lecture. On ne peut pas écrire de livres si on ne lit pas de livre. J’en suis persuadé. Quand j’ai un petit coup de mou, que je peine à écrire, lire me permet toujours de débloquer la situation, de retrouver les mots pour écrire. 

Avez-vous des habitudes de lecture : un endroit préféré ? Un rituel ?Baptiste-Beaulieu
Pas d’habitudes mais des règles. Je ne termine jamais un livre quand je ne le sens pas. Il y a tellement de livres à lire… Je considère que l’on ne doit pas se forcer à faire ce bout de chemin avec un auteur si on n’est pas sur la même longueur d’onde.
Par contre, j’ai toujours plusieurs lectures en même temps. Quatre actuellement : « Tête de tambour » de Sol Elias paru chez Rivages, un livre formidable ; « Le théâtre des dieux » de Matt Suddain en livre de poche. C’est baroque, rococo, foisonnant et il est extrêmement bien écrit. L’auteur a inclus un vrai rapport avec le lecteur et je trouve ça génial. « Sagesse de la pierre » ma troisième lecture en cours est consacré au travail des céramistes et des potiers. Et enfin, je lis également un scénario « Le pornographe » de Bertrand Bonello. C’est bouleversant. En tant que romancier, je trouve intéressant de voir le travail d’un autre monde, celui qui met en images.

Votre récent coup de cœur littéraire et pour quelles raisons ?
Il y en a beaucoup. « Les fureurs invisibles du coeur » de John Boyne. Il réunit tout ce que j’aime en littérature. C’est une histoire forte et engagée, du bonbon pour le lecteur. Il est bien écrit, drôle, tendre, les dialogues sont  rythmés et « pêchus« .

Ah il y a aussi « Il est grand temps de rallumer les étoiles« , le dernier roman de Virginie Grimaldi.  Il est génial et je ne dis pas ça parce que c’est ma copine.
Après les journées au cabinet, ça fait du bien de plonger dans un tel livre. C’est du bonheur.

Que représente l’écriture pour vous ? 
J’aime considérer le roman comme un objet plastique que je peux travailler artistiquement. Dans mon second roman par exemple, j’avais choisi une pagination à l’envers. Dans le troisième, il y a ce petit fantôme. Dans le dernier (« Toutes les histoires d’amour du monde« ), j’ai mis ces photos d’époque avec des légendes d’aujourd’hui.

Dans le prochain, j’ai très envie de travailler sur le quatrième « mur ». C’est quand l’auteur s’adresse au lecteur. Cette expression vient du théâtre quand on s’adresse directement au spectateur. 
Pour écrire, je hante les cafés publics quand je ne suis pas au cabinet. Je me laisse envahir par ce qui m’entoure. J’adore ! Je regarde et j’écris en observant les gens et tout ce qui se passe autour de moi. Je ne travaille jamais de chez moi.
Mon chez moi, je le préserve comme un lieu plutôt neutre, pour la famille et le divertissement. A l’inverse, dans un café, c’est la vie.
J’écoute également toujours de la musique quand j’écris. 


Baptiste-Beaulieu Baptiste Beaulieu entouré de ses deux éditrices :
Elenore Delhaire et Alexandrine Duhin.

De nouveaux projets en cours ?
Il y a quelques temps, j’ai rendu mon manuscrit du quatrième roman. Après, je me suis dit, là c’est fini, je vais me reposer un peu, durant quelques mois. Le lendemain, trois personnages sont apparus dans ma tête. J’ai travaillé deux mois dessus. Dans mon imagination, le troisième personnage mineur s’est mis à me parler. « C’est mon histoire et pas celle des autres que tu dois raconter » me disait cette petite voix. Et ce personnage mineur est devenu majeur, c’est une femme. 
Ça me démange également de faire un livre avec des photos. 

Et pour finir un mot pour les lecteurs de jadorelalecture.com ?
Entre lecteurs on se comprend, trouvez le livre avec lequel vous vous trouverez bien quelques heures. Avec certains, dès la première page, on sent qu’on sera bien. Je vous souhaite plein de beaux voyages en lecture. 

 

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