Sans défense d’Harlan Coben

jadorelalecture.com Harlan Coben sans défense

 

Le résumé
Après huit ans d’absence, Bolitar fait son grand retour dans une enquête explosive, à très haute fréquence artérielle. Insomniaques, passez votre chemin. 
Un adolescent est retrouvé à Londres dix ans après avoir été kidnappé aux États-Unis. Que s’est-il passé ? 
Patrick et Rhys, amis et voisins, ont été kidnappés alors qu’ils jouaient ensemble. Leurs parents ont versé une rançon mais les petits garçons n’ont jamais réapparu, laissant les deux familles dans l’angoisse et le doute. Dix ans plus tard, à Londres, Win, l’oncle de Rhys, croit reconnaître l’un des deux garçons. Il appelle en renfort son meilleur ami, le détective Myron Bolitar. Ils retrouvent Patrick mais Rhys reste introuvable. Peut-il encore être sauvé ? Que s’est-il passé pendant ces dix années ? Pourquoi Patrick refuse-t-il de confier ce qu’il a vécu ?

Mon avis
Un vrai plaisir de retrouver Myron Bolitar après une si longue absence dans les polars d’Harlan Coben !
Je suis une inconditionnelle de cette saga où les personnages sont quand même parfois border-line ou « déjantés » sous leur apparente normalité. C’est ce qui fait notamment tout l’intérêt évidemment de Win Lockwood, Espéranza ou encore Big Cindy. Bref j’ai replongé direct et très vite dans cette nouvelle intrigue autour de la disparition de deux jeunes enfants, 10 ans plus tôt. J’ai aimé retrouver tous ces personnages récurrents depuis de longues années maintenant dans les polars d’Harlan Coben. Ils ont évolué bien entendu. Myron est juste un peu trop « guimauve » à mon goût quand il s’agit d’évoquer sa nouvelle histoire d’amour. Ce n’est pas très crédible mais après tout, un peu d’eau de rose ne fait pas de mal dans cette intrigue bien menée. J’avoue que j’ai été surprise par le dénouement. J’ai aimé la galerie de nouveaux personnages somme toute assez originaux.
Bref pour qui aime Harlan Coben, cet incontestable maître du suspense, je recommande sans retenue cette lecture.

La femme qui ne vieillissait pas de Grégoire Delacourt

Le résumé
«  À quarante-sept ans, je n’avais toujours aucune ride du lion, du front, aucune patte d’oie ni ride du sillon nasogénien, d’amertume ou du décolleté; aucun cheveu blanc, aucune cerne; j’avais trente ans, désespérément.  »
Il y a celle qui ne vieillira pas, car elle a été emportée trop tôt.
Celle qui prend de l’âge sans s’en soucier, parce qu’elle a d’autres problèmes.
Celle qui cherche à paraître plus jeune pour garder son mari, et qui finit par tout perdre.
Et puis, il y a Betty.

Mon avis
Jeunesse éternelle, cure de jouvence, chirurgie esthétique ? Certaines femmes et certains hommes donneraient tout ou paieraient des sommes faramineuses pour rester jeunes ou en tout cas paraître jeunes.
Vieillir, laisser ses rides apparaître, marquer un visage, tracer les sillons d’une vie, accepter d’avancer en âge : un sujet très intéressant sur l’acceptation de soi, de son apparence qui change avec les années qui passent.
« La femme qui ne vieillissait pas » est un très beau portrait de femme qui, elle, souffre de ne pas vieillir en apparence. Son corps s’essouffle mais il ne le laisse pas paraître. Perturbant car son vieillissement apparent survient à l’âge où sa mère s’est éteinte. Elle souffre de voir un écart se creuser entre son âge réel et son apparence de jeune femme. Elle ne correspond plus à ceux qui l’entourent, on ne peut plus la qualifier pour lui permettre d’appartenir à une famille, de tenir son rôle de mère… tout cela juste parce que son apparence ne change pas.

Elle a toujours physiquement parlant 30 ans. Un roman perturbant quand on perçoit le poids des apparences justement qui dirigent une existence, qui gomment une histoire d’amour pourtant si forte. Le regard des autres est-il si important que cela finalement ? Ne doit-on pas plutôt s’attacher à ce que représente une personne pour soi ? Facile à dire mais peut-être plus ardu à vivre au quotidien quand tout marque votre différence. Encore un roman remarquable empreint d’une grande sensibilité, écrit certes par un homme mais tout y est.

Un fils parfait de Mathieu Ménégaux

Le résumé
Maxime, enfant unique d’Élise, a tout du fils parfait : brillantes études et carrière fulgurante ; c’est un mari aimant comme un père attentionné. Un jour, sa femme Daphné va découvrir la faille dans ce tableau idyllique. Le conflit est inévitable : il sera sans merci.
Jusqu’où une mère doit-elle aller pour protéger ses filles et faire valoir ses droits, alors que personne n’accepte de la croire ? Inspiré d’une histoire vraie, Mathieu Menegaux nous livre ici le récit du combat d’une mère contre la machine judiciaire.

Mon avis
Une lecture coup de poing. Ouah tout simplement. La plume de Mathieu Ménégaux qui prend la place d’une femme pour son récit est époustouflante. Un second roman très réussi mais qui fait froid dans le dos tant Maxime semble intouchable. J’ai aimé l’originalité de la narration. Un roman écrit entièrement comme une lettre adressée à la mère de Maxime. Tout y est : souffrance, amour, stupeur, réalisme, réalité que l’on rejette en se disant : non impossible. Et pourtant ! Cet auteur est vraiment à suivre car il écrit de manière efficace, sensible, percutante et ses romans ne peuvent laisser quiconque de marbre. Un coup de coeur derrière le coup de poing en plein coeur !

Petit pays de Gaël Faye

 

Le résumé
En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel  voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages… J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »
Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d’un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, un premier roman d’une ampleur exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour, de personnages qui tentent de survivre à la tragédie.

Mon avis
Ce livre avait été encensé et je comprends bien pour quelle raison. Il est émouvant, sensible, pudique mais ô combien difficile tant l’on perçoit le désespoir de ce jeune homme qui a grandi dans une Afrique qui s’est délitée progressivement. Il est pris entre des guerres ethniques auxquelles il n’a pas envie d’être mêlé, il veut juste grandir dans sa famille, conserver ses amis, qu’ils soient blancs, noirs, métisses, Hutus ou Tutsis… On sent aussi le racisme colonial qui affleure parfois à certains passages. Sa famille est secouée car mixte et sa mère est prise entre son amour pour son pays, ses racines et la famille qu’elle s’est construite avec un Français. On la sent malmenée entre deux identités qui s’affrontent en elle.

La vie va se charger durement de replonger ce garçon dans une réalité qu’il n’avait pas envie de vivre. Elle lui ouvre les yeux sur la cruauté de l’être humain, sur la souffrance, sur la difficulté de revendiquer ses origines, sur finalement le manque de tolérance de l’être humain et le racisme. Un livre édifiant et tellement bien écrit. Mais que son parcours est difficile, les larmes étaient proches à bien des pages tant l’écriture de Gaël Faye est belle, habile et sous une narration qui pourrait sembler naïve au travers des yeux de ce garçon, c’est toute l’horreur de la guerre au Burundi et au Rwanda qui vous saute aux yeux.

Ouahhhh tout simplement !

Mes lectures de février 2018

En vous exposant ce bilan, j’ai l’impression de n’avoir pas beaucoup lu et pourtant sept livres composent ce bilan livresque pour février. Quasiment des découvertes pour l’ensemble à l’exception de Mathieu Ménégaux dont j’avais déjà lu « Je me suis tue ».
Je constate que ces lectures m’ont toutes plu car elles plaçaient les émotions et des personnages très humains au coeur de leurs histoires.
Pour autant, il y avait aussi deux ouvrages qui m’ont plongée un peu plus au coeur de l’Histoire d’un pays. « Petit pays » d’abord de Gaël Faye que j’ai trouvé bouleversant et « L’art de perdre » que j’a trouvé également magnifique pour ce qu’il dévoile de l’Algérie et que je méconnaissais. Bref de beaux portraits de personnages attachants, attendrissants, émouvants…
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Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin

 

Le résumé
Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses.

Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux de Martha Hall Kelly

Le résumé
À New York, Caroline Ferriday travaille au consulat français. Mais lorsque les armées hitlériennes envahissent la Pologne en septembre 1939, c’est tout son quotidien qui va être bouleversé.

De l’autre côté de l’océan, Kasia Kuzmerick, une adolescente polonaise, renonce à son enfance pour rejoindre la Résistance. Mais la moindre erreur peut être fatale.
Quant à l’ambitieuse Herta Oberheuser, médecin allemand, la proposition que lui fait le gouvernement SS va lui permettre de montrer enfin toutes ses capacités. Mais une fois embauchée, elle va se retrouver sous la domination des hommes…
Les vies de ces trois femmes seront liées à jamais lorsque Kasia est envoyée à Ravensbrück, le tristement célèbre camp de concentration pour femmes. À travers les continents, de New York à Paris, de l’Allemagne à la Pologne, Caroline et Kasia vont tout tenter pour que l’Histoire n’oublie jamais les atrocités commises.

Mon avis
Un roman plus qu’émouvant qui vous prend aux tripes. Cette histoire et ces trois parcours de femmes qui vont finir par s’entrecroiser ne peut pas laisser de marbre. On perçoit parfaitement l’envie d’être femme mais également tout le poids qu’à cette époque encore l’homme avait sur les femmes.
Il y a Herta, l’ambitieuse Herta, qui lutte pour devenir médecin tout d’abord puis médecin reconnu et non cantonnée à des spécialités que l’on réserve aux femmes. Non elle, elle veut être chirurgienne et reconnue pour ses compétences, pas réduite à presque rien juste parce qu’elle est une femme. Une femme oui, mais une femme qui vit à une période compliquée de l’Histoire avec la montée du nazisme puis toute l’horreur des camps de concentration. On la sent prise entre deux « feux » : sa passion de la médecine et de la chirurgie et son progressif embrigadement dans le nazisme. Qu’est-ce qui est plus fort chez elle ? A vous de le découvrir mais en tout cas, exister dans ce monde qui était dominé par les hommes est bien difficile. Herta est glaçante à sa manière, est-ce sa manière de se protéger ?
Il y a aussi Kasia, une jeune femme polonaise que l’on découvre jeune et presque fougueuse. Elle a envie de résister, de ne pas ployer et comprend que cela va soulever bien des difficultés mais elle est prête à tout elle aussi pour s’affirmer et montrer qu’une femme peut agir pour autrui autrement qu’avec les armes et soulever des montagnes tout autant qu’un homme. Du courage, oui mais aussi une magnifique histoire d’amitié qui fait fi de tous les diktats du pays, des politiques… Son parcours avec sa mère et sa soeur à Ravensbruck est juste terrifiant.
Enfin, il y a Caroline qui évolue dans la haute société aux Etats-Unis, bien loin du besoin. Mais ce qui la fait vibrer elle, c’est justement de venir en aide de toutes les manières possibles aux personnes en difficulté en France. Avant la guerre, puis pendant la guerre. Un parcours de femme exemplaire pour son abnégation et son dévouement aux autres. Elle lutte à sa manière pour exister par son action humanitaire alors que l’on voudrait l’enfermer dans la bienséance et les us et coutumes de son milieu. Un mariage bien réfléchi, un mariage sans amour peu importe tant que l’on reste entre soi… On sent peser sur elle le regard de la société dans laquelle elle a grandi.
Quelque part Caroline est une rebelle, tout autant que sa mère qui semblait effacée mais qui finalement s’avoue être une alliée de première heure dans son affirmation du féminisme.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce roman. Ces parcours de femme à une période atroce de notre Histoire sont sensibles, touchants et difficiles. Je recommande mille fois cette lecture qui ne peut pas vous laisser insensible.

Chocs de Pascal Torres

Le résumé
Tout allait bien dans la vie d’Amparo. Elle partageait depuis peu sa destinée avec Pau. Tout allait bien pour eux, jusqu’à l’inauguration de leur nouveau restaurant. Le soir de la Saint Valentin, alors que Pau interprète au piano les Goyescas d’Enric Granados pour la clientèle huppée dînant aux Caprices, deux terroristes font irruption.
Peut-on se réveiller du cauchemar de l’Histoire ?
L’humour, la sensualité, l’espoir, la musique et la littérature offrent autant de tentatives de réponse à cette question qui longtemps hantera la conscience et les rêves d’Amparo et de ses clients.

Mon avis
Merci à Babelio et aux éditions Le Passage pour cet envoi grâce aux opérations Masse Critique. J’ai donc découvert la plume de Pascal Torres. Alors je dirais que ce livre est vraiment très bien écrit, d’un point de vue littéraire. Pour autant, je n’ai pas aimé ce roman. J’avais été séduite par le résumé. Mais l’auteur m’a perdue dans sa galerie de personnages et ses va-et-vient incessants entre Histoire et présent sans aucun lien apparent avec l’histoire initiale. Trop de personnages que seuls la tragédie de départ lie. Trop de chapitres historiques sans aucun lien les uns avec les autres.

Les déraisons d’Odile d’Oultremont

Le résumé
La vie d’Adrien et de Louise est un chaos enchanteur. Méritant et réservé, il travaille pour assurer leur quotidien.
Ouvrière qualifiée de l’imaginaire, elle désaxe la réalité pour illuminer leur ordinaire.Leur équilibre amoureux est bouleversé le jour où l’agenda stratégique de l’employeur d’Adrien coïncide avec la découverte de tumeurs dans les poumons de sa femme.
Pendant que les médecins mettent en place un protocole que Louise s’amuse à triturer dans tous les sens, l’employé modèle est exilé par un plan social aux confins d’un couloir. Sidéré, Adrien choisit pour la première fois de désobéir : il déserte son bureau vide pour se dévouer tout entier à Louise, qui, jour après jour, perd de l’altitude.Mais peut-on vraiment larguer les amarres et disparaître ainsi sans prévenir ?
Et les frasques les plus poétiques peuvent-elles tromper la mélancolie, la maladie et finalement la mort ?

Mon avis
Un premier roman très réussi. Une écriture sensible, une histoire d’amour si intense et si inhabituelle. Un couple fusionnel dirais-je ? Une jeune femme audacieuse, fantasque qui transforme la réalité et son quotidien difficile avec tant de fantaisie ! Même si leur histoire est tragique, j’ai adoré lire ces pages où Adrien prend la place de Louise peu à peu dans tout ce qu’elle peut dégager de fantaisie, d’originalité. Ses frasques à lui surprennent Louise mais elles sont si empreintes de bienveillance et surtout d’amour que l’on plonge sans plus réfléchir. Un cancer appréhendé avec détachement, un sort que l’on entrevoit et finalement une histoire d’amour sans concession aucune. Juste le choix d’un homme qui se consacre tout entier envers et contre tous à sa femme mourante. Magnifique roman !

Un merci de trop de Carène Ponte

Le résumé
Sage et obéissante depuis le jour de sa naissance, Juliette a tour à tour été un bébé facile, une enfant modèle, une adolescente sans problèmes et une jeune fille rangée. À presque 30 ans, habituée à dire docilement oui à tout et effacée jusqu’à la transparence, elle ronronne dans la chaleur rassurante d’une vie sans remous d’assistante de gestion. Jusqu’à ce « merci » de trop, seule réponse qu’elle parvient à bafouiller après une énième humiliation professionnelle. Ouvrant brusquement les yeux sur le désert de son existence, Juliette décide de démissionner et d’enfin vivre ses rêves, au risque du désordre. Et du désordre, il va y en avoir beaucoup…

Mon avis
J’ai envie de qualifier cette lecture de comédie pétillante. C’est comme si Juliette  sortait peu à peu d’une chape de plomb qui a guidé sa vie et qu’elle s’éveillait à la vie. La chrysalide devient papillon et ce roman est bien agréablement teinté d’humour et de situations qui font sourire et rire. Une tranche de feel-good en quelque sorte. Le premier pas vers sa nouvelle vie mais en fin de compte vers la vraie Juliette, c’est le changement professionnel. Et enfin, Juliette ose se révéler à ses proches et aux autres. Bref un bon moment de lecture qui détend très agréablement.