Une joie féroce de Sorj Chalandon

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Résumé

Jeanne est une femme formidable. Tout le monde l’aime, Jeanne.
Libraire, on l’apprécie parce qu’elle écoute et parle peu. Elle a peur de déranger la vie. Pudique, transparente, elle fait du bien aux autres sans rien exiger d’eux. A l’image de Matt, son mari, dont elle connaît chaque regard sans qu’il ne se soit jamais préoccupé du sien.
Jeanne bien élevée, polie par l’épreuve, qui demande pardon à tous et salue jusqu’aux réverbères. Jeanne, qui a passé ses jours à s’excuser est brusquement frappée par le mal. « Il y a quelque chose », lui a dit le médecin en découvrant ses examens médicaux. Quelque chose. Pauvre mot. Stupéfaction. Et autour d’elle, tout se fane. Son mari, les autres, sa vie d’avant. En guerre contre ce qui la ronge, elle va prendre les armes. Jamais elle ne s’en serait crue capable. Elle était résignée, la voilà résistante. Jeanne ne murmure plus, ne sourit plus en écoutant les autres. Elle se dresse, gueule, griffe, se bat comme une furie. Elle s’éprend de liberté. Elle découvre l’urgence de vivre, l’insoumission, l’illégalité, le bonheur interdit, une ivresse qu’elle ne soupçonnait pas.
Avec Brigitte la flamboyante, Assia l’écorchée et l’étrange Mélody, trois amies d’affliction, Jeanne la rebelle va détruire le pavillon des cancéreux et élever une joyeuse citadelle.

Mon avis

En librairie depuis le 14 août 2019

Un roman magnifique où la rage de vaincre et finalement de vivre terrasse tout le reste.

On débute avec un quotidien plutôt triste autour de ces femmes, atteintes d’un cancer. Jeanne fait la connaissance à l’hôpital de Brigitte puis d’Assia et Mélody. Elle va apprendre de chacune. Et puis il y a ce mari Math que j’avoue avoir détesté au plus haut point : il s’efface alors que sa femme est atteinte d’un cancer. Il est dur, intolérant et finalement profondément égoïste. 

Ces femmes ensemble parlent librement, sans tabou de leur souffrance au quotidien, des nausées, des douleurs, du choix entre perruque et turban… Et elles vont mettre de côté un peu leur maladie pour se réunir dans un projet complètement fou, peu crédible certes mais cette échappée va les révéler à elles-mêmes. Cette histoire met en lumière également le rapport à la maternité. Car c’est l’un de leur point commun à toutes les quatre. 

Une superbe histoire d’amitié entre quatre femmes qu’une existence normale n’aurait a priori jamais réunies.

Jeanne, la gentille, va peu à peu disparaître pour laisser exister la véritable Jeanne, celle qui s’est toujours tue, effacée, qui a toujours fait ce que l’on attendait d’elle. Mais qui est-elle Jeanne ? Juste une femme qui s’autorise enfin à vivre, à exister par et pour elle-même ? A ne plus attendre des autres ?

Dans ce roman, il est question de choix, de priorités pour exister, pour recommencer à vivre après une épreuve terrible. Ce roman dresse aussi de beaux portraits de femmes écorchées et il offre une vision pudique et somme toute réaliste du combat contre le cancer. 

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