Le crocus jaune de Laila Ibrahim

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En librairie le 10 mars 
Résumé

Première moitié du XIXe, État de Virginie, États-Unis.
À sa naissance, Lisbeth est enlevée à sa mère pour être confiée à Mattie, une esclave, qui se voit contrainte de se séparer de son propre bébé pour devenir la nourrice de l’enfant. Une relation intense, qui va influencer leurs vies pendant des décennies, se développe entre elles et Lisbeth trouve, auprès de Mattie et des siens, sa famille de coeur. Mais un tel lien entre deux personnes que tout sépare est-il vraiment sans conséquence ?

Mon avis

Un roman très émouvant. L’histoire n’est pas nouvelle mais j’ai apprécié la façon dont l’auteure décrit les relations tissées à contre-courant de ce que dictait leurs origines sociales à Mattie et Lisbeth. 

Ce roman aborde évidemment l’esclavage et la condition des esclaves mais la manière dont le traite cette auteure est avant tout par l’humain et par des femmes. Ce roman insiste en effet beaucoup sur la condition des femmes selon leurs origines. La description de deux milieux que tout oppose est très juste. Même si elle est révoltante évidemment au plan humain. 

Et c’est précisément d’humain qu’il est question. Quand l’humain, la relation humaine prennent le pas sur le reste et conduisent Lisbeth à se rebeller face aux conventions de son rang qui l’emprisonnent, le roman prend un nouveau tournant. 

J’ai aimé la narration avec l’alternance des points de vue, entre l’une et l’autre. 

L’attachement qui peut exister envers et contre tous entre une enfant et sa nourrice, bien plus importante que la mère dans cette histoire. D’ailleurs c’est aussi de cela qu’il s’agit : être mère et transmettre des valeurs et une éducation à ses enfants, les protéger. Mattie bien que plus que démunie, à l’extrême de la pauvreté est une vraie mère. Ses sentiments douloureux quand elle doit laisser son fils pour nourrir la jeune Elizabeth vous serrent le coeur. A travers ce rôle de nourrice, elle transmet bien davantage à Lisbeth. Elle lui apprend à aimer et à s’intéresser aux autres. 

La vie à cette époque est très bien retranscrite même si elle souligne les injustices, les œillères et la domination blanche sur une population en souffrance et inconsidérée. 

J’aurais juste apprécié que le roman s’attarde un peu plus longtemps sur l’Ohio et la nouvelle vie de Mattie et sa famille ainsi que sur le nouveau choix de vie de Lisbeth et son époux. 

Mais en résumé, c’est un roman avec une histoire ancrée au cœur de la ségrégation qui m’a beaucoup plu. 

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