Trois jours et une vie de Pierre Lemaître

Le résumé
« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt.
Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.
Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… »

Mon avis
Une histoire quelque peu glaçante. Je sais que Pierre Lemaître est un auteur de référence, mais je l’ai découvert avec ce roman. Et je dois avouer que c’est une belle découverte.
Que dire de ce jeune garçon dont l’existence bascule, chavire… sur un mouvement trop brusque et trop instinctif. Il est marqué à vie et tente tant bien que mal de se reconstruire, d’exister et de vivre tout simplement.
Sa mauvaise conscience est bel et bien omniprésente mais que doit-il faire ? La culpabilité ne le quittera jamais. Comment pourrait-il oublier ou tout simplement s’épanouir ?
La peur reste là, enfouie et elle ressurgit à la moindre occasion. Finalement Antoine décide de renoncer à l’amour et à la vie à laquelle il se destinait. Stop !
Ahhhh, je ne révèlerai rien. Mais la fin m’a bluffée et j’ai adoré. Je recommande vivement cette lecture.

Les oubliés du dimanche de Valérie Perrin

Le résumé
Justine, vingt et un ans, vit chez ses grands-parents avec son cousin Jules depuis la mort de leurs parents respectifs dans un accident. Justine est aide-soignante aux Hortensias, une maison de retraite, et aime par-dessus tout les personnes âgées. Notamment Hélène, centenaire, qui a toujours rêvé d’apprendre à lire. Les deux femmes se lient d’amitié, s’écoutent, se révèlent l’une à l’autre. Grâce à la résidente, Justine va peu à peu affronter les secrets de sa propre histoire. Un jour, un mystérieux « corbeau » sème le trouble dans la maison de retraite et fait une terrible révélation.

À la fois drôle et mélancolique,  un roman d’amours passées, présentes, inavouées… éblouissantes.

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Mon bilan de janvier 2018

Tada, premier bilan de l’année. Avec une sacrée nouveauté, des lectures sur ma liseuse tout nouvellement acquise… Alors 9 livres lus et un dernier dont la lecture est déjà bien avancée. 

Je dirais une belle découverte pour un livre qui s’apparente à mon sens à des relations humaines et sociologiques avec Isabelle Boni-Claverie. Un retour à l’écriture si originale si emplie tant d’originalité que de sérieux avec Alexandre Jardin, un thriller/polar de grande qualité avec Sylvain Forge, la découverte du style de Pierre Lemaître, pourtant déjà très connu. Mais oui il y a tant d’auteurs que c’est quand même difficile de tout lire ou de tout connaître…

Un second thriller psychologique de BA Paris que j’ai aimé sans adorer car j’avais deviné l’issue en partie, très vite à la lecture. Je réserve la primeur de mon avis à Babelio pour « Chocs » de Pascal Torres puisque je l’ai reçu grâce à l’opération Masse critique de janvier. Valérie Perrin m’a conquise avec « les Oubliés du dimanche ». Carène Ponte dont j’ai beaucoup aimé ce roman. 

Janvier aura donc été un mois plutôt riche de lectures et elles ont été dans des styles très variés. J’ai aussi découvert la lecture sur ma toute nouvelle liseuse et j’avoue que j’apprécie. Pour autant, j’alterne les deux modes de lecture car je reste très attachée aux livres imprimés et j’en ai eu plein à Noël. 

Si je dois choisir mes lectures préférées ce mois-ci, je vote pour « Trop noire pour être française », « Tension extrême », « les oubliés du dimanche » et « Trois jours et une vie ». 

 

Tension extrême de Sylvain Forge

Le résumé
Prix du Quai des Orfèvres 2018
Aux limites du virtuel et de la réalité, les nouvelles technologies conduisent parfois à la folie !
Des cyberattaques paralysent la PJ de Nantes, infiltrent l’intimité des policiers et cernent une ville où le moindre objet connecté peut devenir une arme mortelle. Alors que les victimes s’accumulent, une jeune commissaire à peine sortie de l’école et son adjointe issue du « 36 » affrontent ensemble un ennemi invisible. Toutes les polices spécialisées seront mobilisées pour neutraliser la nouvelle menace de la science complice du crime.

Mon avis
Vous commencez cette lecture et vous ne la lâchez plus, je vous le garantis. Ce polar est juste fascinant et tellement dans l’air du temps. Etes-vous sûr de votre tablette, de votre téléphone, de vos appareils connectés ? Bref, sans basculer dans la paranoïa évidemment, Sylvain Forge vous plonge dans cette chasse aux cybercriminels d’une façon vraiment habile. Son écriture est fluide, agréable, rythmée. Il mérite amplement son Prix du Quai des Orfèvres 2018, cela va sans dire. On y découvre aussi la manière de travailler conjointement parfois des différents services de sécurité et j’adore. Bref, ce polar est marqué par le réalisme et c’est ce qui m’a plu. On se dit en le lisant mais cela pourrait tout à fait arriver, si ce n’est déjà fait…

La robe pourpre de Nathalie de Broc

Le résumé
1898 en Bretagne. Luna doit fêter ses dix-neuf ans chez le patriarche Louis Guedriant, puissant industriel du papier de Belle Île en Terre, lors d’une réception qui marquera son entrée dans le monde : véritable épreuve du feu pour cette bâtarde née de la liaison clandestine de son père, gendre et bras droit de Guedriant, avec Josefina, rencontrée en Argentine. Fille d’un riche éleveur argentin, celle-ci a quitté l’estancia familiale pour le suivre en France puis a disparu, laissant derrière elle Luna, alors âgée de 8 ans. Acceptée à contrecœur dans un milieu qui l’a méprise, Luna ignore que l’événement mondain sert de machiavéliques desseins. Naïve et fantasque, elle est une proie facile pour tous les ressentiments. D’aucuns n’ont jamais pardonné à son père le reniement, la duplicité, le dédain sur lesquels il a bâti son ascension sociale. Alors même que le fantôme de Josefina revient la hanter, Luna est sans défense contre une machination diabolique dont personne ne semble pouvoir la sauver…

Mon avis
Une plongée dans une histoire familiale qui vous emporte. J’ai bien aimé mais je suis déçue de m’être aperçue au fil de ma lecture qu’un premier livre sur cette famille avait déjà été publié. Cela n’empêche nullement la lecture de ce roman directement.

Une histoire de famille où l’on navigue entre les préjugés, le milieu où l’on se comporte comme il faut et un milieu plus populaire où l’on est davantage soi-même ai-je envie de dire. L’histoire et le parcours de Luna sont intéressants. Considérée comme « bâtarde » par la famille « officielle » de son père, elle est conduite à faire son entrée dans ce monde bourgeois qu’elle ne connaît pas.

Différence d’éducation, de comportement, de marques d’amour… autant de petites choses si importantes qui émaillent la vie et la manière de se construire de Luna, mais aussi de ses demi-frères. Sensibilité, intuition… tout y est.

Le poids des apparences aussi qui pèse sur ce père qui a construit sa vie dans un milieu qui n’était pas le sien à l’origine. Et finalement, ne serait-il pas plus heureux s’il était juste lui-même, s’il enlevait cette carapace de la bienséance et je dirais ce masque et cette rigueur ? Un roman agréable découvrir. 

Ma mère avait raison d’Alexandre Jardin

Le résumé
Ce roman vrai est la pierre d’angle de la grande saga des Jardin. Après le portrait du père merveilleux (Le Zubial), du sombre grand-père (Des gens très bien), du clan bizarre et fantasque (Le roman des Jardin), voici l’histoire de la mère d’Alexandre. On y découvre une femme hors norme, qui ose tout, et qui s’impose comme l’antidote absolu de notre siècle timoré.

Elle est dans les yeux de son fils l’héroïne-née, la tisseuse d’aventures, l’inspiratrice des hommes, la source jaillissante de mille questions – elle est le roman-même.
Un roman qui questionne, affole, vivifie et rejoint la joie du fils. Mais la magicienne, hélas, n’est pas éternelle.
Certaines femmes, pourtant, ne devraient jamais mourir.

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Trop noire pour être française d’Isabelle Boni-Claverie

Le résumé

« D’où tu viens ? » est sans doute la question que l’on pose le plus aux Noirs de France, celle qui arrive le plus spontanément dans la conversation. « D’où tu viens ? » demande l’ami d’ami à une soirée, la voisine de table à un repas, le collègue qui prétend faire connaissance, le parfait inconnu. Je suis sur une plage au Portugal. Une jeune Française me saute dessus. « Comme vos enfants sont beaux ! D’où venez-vous ? » J’ai envie de lui répondre : « Comme toi, de France ! » À six ans, Isabelle découvre qu’elle est noire. Elle rêve d’incarner Marie dans la crèche vivante de son école, elle sera Balthazar, le roi mage venu d’Afrique. Pour cette petite fille élevée dans un quartier chic de Paris, c’est un choc. Le racisme au quotidien fait irruption dans sa vie. De Paris à Abidjan, des bancs de l’école catholique aux coulisses de la télévision, Isabelle Boni-Claverie se raconte. Femme noire issue d’un milieu privilégié, elle doit pourtant se rendre à l’évidence : en France, la classe n’efface pas la race. Sa plume vive et acérée entremêle ce récit à celui du destin incroyable de son grand-père, Africain devenu magistrat de la République française dans les années 1930 et époux d’une jeune fille de Gaillac, première femme de sa ville à épouser un Noir. Avec sensibilité, Isabelle Boni-Claverie nous amène à nous interroger sur notre rapport à l’altérité. Tour à tour drôle, sans concession, émouvante, elle finit sur une note optimiste en nous proposant de faire le pari d’une égalité réelle.

Mon avis
Un livre superbe qui aborde très bien les préjugés liés à la couleur de peau. Avec parfois beaucoup d’humour, Isabelle Boni-Claverie parle des difficultés auxquelles sont confrontés les personnes métisses ou à la peau noire. Affirmer et réaffirmer sans cesse son identité, devoir presque prouver qu’elle est française. Pourtant élevée dans un milieu très favorisé, elle s’est heurtée à ces difficultés et préjugés qui dominent partout. Elle retrace aussi avec beaucoup d’amour le parcours de ce grand-père qu’elle admire et qui eut une vie admirable, emplie de réussite et fit un mariage mixte à une époque où c’était bien inhabituel. J’ai vraiment beaucoup aimé cette lecture.

Cyanure de Laurent Loison

Le résumé
Branle-bas de combat au 36, quai des Orfèvres. Toujours assisté de sa complice Emmanuelle de Quezac et du fi dèle capitaine Loïc Gerbaud, le célèbre et impétueux commissaire Florent Bargamont se trouve plongé dans une enquête explosive bien différente des habituelles scènes macabres qui sont sa spécialité.
Un ministre vient en effet d’être abattu par un sniper à plus de 1200 m. Sachant que seules une vingtaine de personnes au monde sont capables d’un tel exploit, et que le projectile était trempé dans du cyanure, commence alors la traque d’un criminel particulièrement doué et retors. Les victimes se multiplient, sans aucun lien apparent et n’ayant pas toutes été traitées au cyanure. Balle ou carreau d’arbalète, la précision est inégalée. Ont-ils affaire à un ou plusieurs tueurs ? Un Guillaume Tell diaboliquement effi cace se promène-il dans la nature ?
Tandis que Barga doit faire face à de perturbantes révélations et se retrouve dans une tourmente personnelle qui le met K.O., les pistes s’entremêlent jusqu’au sommet de l’État, où le président de la République n’est peut-être pas seulement une cible.

Mon avis
Un thriller haletant, une écriture très agréable. Des personnages cabossés, des flics auxquels on s’attache, des hommes politiques qu’aucune « magouille » ne rebute, un trait de mafia et une escalade dans les affaires à régler. Tous les ingrédients sont réunis pour vous rendre addict. Quelle histoire ! J’ai vraiment adoré ce thriller et découvert en même temps la plume de Laurent Loison. Nul doute cet auteur est prometteur. Il vous embarque dans son histoire en très peu de pages et là vous ne lâchez plus ce bouquin. Je ne spolierai pour rien au monde la fin mais alors là, ce fut le top du top. Vous l’avez compris, je vous le recommande vivement.

Je me suis tue de Mathieu Menegaux

Le résumé

Du fond de sa cellule de la maison d’arrêt des femmes à Fresnes, Claire nous livre l’enchaînement des faits qui l’ont conduite en prison : l’histoire d’une femme victime d’un crime odieux. Elle a choisi de porter seule ce fardeau. Les conséquences de cette décision vont se révéler dramatiques. Enfermée dans sa solitude, Claire va commettre l’irréparable. Le mutisme sera sa seule ligne de défense, et personne, ni son mari, ni ses proches, ni la justice ne saisira ses motivations. Cette tragédie moderne est servie par une narration fluide et efficace.

Mon avis
Un premier roman coup de poing. Une plume fluide et un livre que l’on ne lâche pas avant la fin. Presque 140 pages très intenses pour les émotions qu’elles suscitent. J’ai adoré ce livre même si le parcours de Claire est effrayant. Quelle détermination, quel fardeau doit-elle porter ! Un drame que Mathieu Menegaux décrit avec justesse, précision. L’histoire de Claire fait froid dans le dos. Bref je dirai que la plume de Mathieu Menegaux est talentueuse et j’ai hâte de lire son second livre « Un fils parfait » dont j’ai également entendu beaucoup de bien même si les sujets qu’il choisit sont difficiles.

La symphonie du hasard de Douglas Kennedy

Le résumé

Toutes les familles sont des sociétés secrètes. Des royaumes d’intrigues et de guerres intestines, gouvernés par leurs propres lois, leurs propres normes, leurs limites et leurs frontières, à l’extérieur desquelles toutes ces règles paraissent souvent insensées. 

Comme chaque semaine, Alice Burns, éditrice new-yorkaise, s’apprête à rendre visite à son jeune frère Adam. Jadis jeune loup de Wall Street en pleine ascension, ce dernier croupit désormais en prison.
Mais cette rencontre hebdomadaire va prendre un tour inattendu. Bien décidé à soulager sa conscience, Adam révèle un secret qui pourrait bien venir rompre les derniers liens qui unissent encore leur famille.
Et Alice de replonger dans l’histoire des siens, celle d’un clan à l’image de l’Amérique : volontaire, ambitieux, assoiffé de réussite, souvent attaqué, blessé parfois, en butte à ses propres démons, mais inlassablement en quête de rachat…
Premier volume d’une fresque à l’ampleur inédite, La Symphonie du hasard marque le grand retour de Douglas Kennedy. Dans le bouillonnement social, culturel et politique des sixties-seventies, de New York à Dublin, en passant par l’Amérique latine, un roman-fleuve, porté par un souffle puissant.

Mon avis
Le début m’a un peu déstabilisée mais alors ensuite j’ai adoré plonger dans cette saga familiale qui se déroule aux Etats-Unis dans les années 70. J’ai retrouvé avec un immense plaisir la plume de Douglas Kennedy, auteur que je n’avais plus lu depuis quelques temps. Ce premier volet se lit en un rien de temps et du coup, il me tarde vraiment la sortie des tomes suivants. J’ai aimé la description des fraternités dans les universités et les stéréotypes qui découlent de ce mode de vie. Il décrit également très bien les idéaux et la soif de connaissance de ces jeunes étudiants qui se découvrent, s’affirment, jugent parfois trop vite. J’ai aimé les personnages originaux et qui justement ne correspondent pas aux stéréotypes et n’entrent pas dans les cases prédéfinies par leurs origines, les souhaits de leurs parents, les modèles prédéterminés, les vies toutes tracées. Ici Douglas Kennedy permet à ses personnages d’être « en marge », anti-conformistes mais il montre aussi toutes les difficultés qui doivent alors être surmontées. Bref un livre que je recommande et vivement la suite !