Le merle bleu de Vesna Maric

Le résumé

« Elles ont passé des heures à expliquer qu’habituellement nous avions tout  : des lits, des draps, du linge de rechange brodé et même amidonné dans nos armoires ; des verres en cristal, des souvenirs, de la vaisselle en porcelaine, des passeports, des aspirateurs, des animaux domestiques, des goûts de luxe, des jours fériés, des odeurs, des bruits, et surtout, surtout, que nous nous aimions les uns les autres, que nous n’avions pas passé les cinquante dernières années à nous haïr en secret en attendant la première occasion de nous étriper au grand jour de la façon la plus sauvage qui fût. Elles voulaient expliquer que la guerre était une méprise, un stratagème inventé par des politiciens diaboliques, que ça n’avait rien à voir avec nous, les individus assis devant eux. »

Mon avis

Un témoignage empreint d’humour alors que le vécu de cette jeune fille est terrifiant. Elle raconte, avec ses yeux de jeune fille justement, son parcours de réfugiée jusqu’en Angleterre.  Les quelques mois qui vont se transformer en années et finalement en un changement de vie définitif. Le déracinement, le barrage de la langue, les apparences, les abus de certains. 

Elle évoque sa famille déchirée entre ceux qui restent au pays, la Bosnie Herzégovine, ceux qui se sont exilés très vite…

Ce témoignage n’est jamais sombre ou dramatique. Il décrit juste avec précision le quotidien d’une jeune fille de 16 ans qui se voit contrainte de quitter son pays et les siens pour fuir une guerre. Très vite, comme elle maîtrise l’anglais, elle va rendre service et traduire pour ceux qui sont isolés dans leur langue maternelle. 

Elle raconte les passeurs, les associations d’aide aux réfugiés, la difficulté de s’adapter et de se construire une vie dans un nouveau pays à la culture différente de la sienne. Mais elle sème ça et là des touches d’humour l’on est bien loin du pathos. Un témoignage rafraîchissant et très agréable à lire. 

Elle passe d’un personnage à l’autre, d’un pays à l’autre… Un récit saccadé comme le fut son parcours de réfugiée en fin de compte. 

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