L’arrondi silencieux de Corentine Rebaudet

Corentine Rebaudet

Un premier roman en librairie le 24 mai

Le résumé

Trois enfants, de trois pères différents, se retrouvent autour de leur mère décédée, Edith. En frères et sœurs ils n’ont pourtant jamais rien construit de solide, se voyant rarement, se connaissant tout juste. Le décès d’Edith est l’occasion de se rapprocher. À l’aube du nouveau millénaire Gabrielle, l’aînée, se découvre une grossesse surprise, Jérôme, quant à lui, s’enfonce dans la marginalité à Grenoble, au milieu de la drogue et de la peinture, Ophélie, la dernière, est aux prises avec un conjoint violent et tente de surnager dans ses études de médecine. 
Gabrielle décide de retourner sur les traces de leur mère dans la campagne lyonnaise, auprès de Théodore, son dernier mari. Elle emporte avec elle une lettre reçue de l’infirmière l’ayant soignée sur laquelle est inscrit le prénom « Icare ». Qui est-il ? Est-il en vie ? Bien vite les théories s’accumulent, tandis qu’elle tente de faire avec une grossesse non désirée, et est bientôt rejointe par sa soeur Ophélie, échappée des mains d’un homme brutal. 

Mon avis

Un joli premier roman. J’ai beaucoup aimé cette découverte. Merci Corentine (son blog) d’avoir pensé à moi pour le lire en avant-première. 

C’est bien écrit, sensible et à la fois percutant. On découvre trois enfants devenus adultes, sans véritable amour maternel. En tout cas, sans la présence réconfortante d’une mère au quotidien.

Edith était avant tout femme et ne savait ou ne voulait pas aimer ses enfants d’une manière que l’on pourrait qualifier de « classique ».

Gabrielle, Jérôme et Ophélie ont grandi loin les uns des autres, chacun élevé par son père respectif. Ils se sont donc aussi construits sur des manques et des failles. Mais ils se retrouvent autour de leur défunte mère, celle qui les mit au monde. Et chacun affronte ses émotions à sa façon. 

Puis Gabrielle part à la recherche de qui était sa mère. Plus ou moins contre son gré, car elle aussi porte la vie. Mais reproduit-elle la modèle maternel ? On sent bien qu’elle se pose maintes questions au sujet de cette grossesse surprise. Saura-t-elle aimer ? Peut-elle se laisser aimer sans retenue par Sylvain ? On sent bien qu’elle a surtout peur de souffrir ou d’être une nouvelle fois abandonnée.

Grandir sans amour maternel est-ce possible ?

Jérôme, le second, est un écorché vif. Il a essayé de provoquer l’amour paternel  mais finalement erre seul. Il est devenu marginal. Il s’est détaché de cette mère à laquelle il ne donne aucune légitimité. On comprend surtout qu’il a toujours souffert d’un manque d’amour parental et d’attention tout simplement. 

Enfin il y a Ophélie, le plus jeune. Elle est en recherche d’amour éperdument et malgré toutes les douleurs que lui inflige son « amoureux », elle n’ose pas se rebeller et elle subit le pire.

Ce roman retrace la construction de trois êtres qui ont été privés d’un amour maternel constant. Edith n’était présente que lorsqu’elle le décidait et c’était rare. Ils n’ont pas grandi ensemble, n’ont pas appris à se connaître.
Cette rencontre et découverte des uns et des autres vient avec le décès de ce seul lien : leur mère. 

Et puis il y a Théodore, le dernier mari de la défunte. Il est attachant, si gentil. Un pansement à sa manière pour Gabrielle et Ophélie, sur leurs plaies respectives. Un protecteur aussi.

Enfin, qui est Icare ? Je n’en dirai rien. Mais ce roman est bien construit, bien écrit. Habile dans sa narration et quel retournement en toute fin ! 

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