Les frottements du coeur de Katia Ghanty

Le résumé
« Comme c’est étrange, à 29 ans, d’avoir le cœur qui flanche. Entre début avril et fin juin, j’ai passé quarante-huit jours à l’hôpital. Jours de grande souffrance physique et morale, de peurs multiples, de solitude, de tristesse, de frustrations, de colère. Dès que mon état l’a permis, j’ai demandé que l’on m’apporte un carnet et un stylo. Écrire pour soulager mon cœur, pour me libérer, pour revenir au monde, pour avancer. »

En mars 2016, à la suite d’une grippe, Katia Ghanty est emmenée à l’hôpital dans un état critique. Son cœur est très affaibli, elle est en danger de mort, et les premiers soins et traitements ne suffisent pas : les médecins décident de la brancher, en urgence, sans l’endormir, à un appareil assurant une circulation du sang extracorporelle. Elle sera raccordée sans sédation pendant six jours à cette machine, puis passera près d’un mois et demi à l’hôpital, entre rechutes et surveillance, services de réanimation, cardiologie et soins intensifs. Dans ce témoignage poignant, on navigue entre la série Urgences où tout s’affole, les machines à compter les battements du cœur comme les visages des proches, et une sorte de voyage de retour d’une mort « imminente ».

Mon avis

Continuer la lecture de « Les frottements du coeur de Katia Ghanty »

Nos rêves indiens de Stéphane Marchand

Le résumé
C’est l’histoire de gens qui se croisent, se rencontrent, se quittent ou se retrouvent. Au rythme de la bouleversante musique du hasard et des souvenirs, ces quelques êtres vont nous rappeler au sens de la vie, à ses moments forts et ses petits bonheurs. si précieux. Après une magnifique percée dans l’univers du thriller (Maelström), Stéphane Marchand revient au roman avec douceur, simplicité, et une émotion sans pareille. « Roman bouleversant, délicate notion de l’amour et de l’Être, Nos Rêves Indiens ressuscite la pensée profonde et moribonde de l’existentialisme. Entre chagrins, compassion, nostalgie et bonheur, la traversée de ce récit que je perçois comme un chef-d’oeuvre reste imprimée dans le coeur… » Fabio M.Mitchelli

Zen attitude le dimanche matin

Petit billet bonne humeur…

Un dimanche matin en compagnie d’un bon livre. Voilà ce que j’aime et j’ai donc décidé de vous faire partager ce pur moment de bonheur tout simple.
De quoi suis-je entourée ?
Mon grand bol de thé. Ce matin c’est « Guruchka » du Comptoir français du thé découvert grâce à une amie récemment. J’adore ! Et j’en ai donc fait le plein lors d’une petite virée bordelaise cette semaine.
Le thé c’est comme les livres pour moi… j’en ai plein de sortes différentes pour pouvoir respirer profondément les arômes avant de choisir celui que je vais déguster. Et le matin c’est Earl Grey, agrumes, bergamote.

Et ce matin, ce fut aussi jus d’oranges pressées et mes tartines beurrées évidemment.

Ma lecture du moment, le meilleur pour la fin… « La disparition de Stéphanie Mailer » de ce cher auteur suisse Joël Dicker. Il se fait désirer car prend le temps de peaufiner ses ouvrages.
Là c’est très réussi et je comprends mieux pourquoi il caracole déjà en tête.
Il vous happe dès les premières lignes… Allez j’y retourne d’ailleurs, je profite de ce dimanche tranquille pour bouquiner.

Au petit bonheur la chance d’Aurélie Valognes

Le résumé
1968. Jean a six ans quand il est confié du jour au lendemain à sa grand-mère. Pour l’été. Pour toujours. Il n’a pas prévu ça. Elle non plus. Mémé Lucette n’est pas commode, mais dissimule un coeur tendre. Jean, véritable moulin à paroles, est un tourbillon de fraîcheur pour celle qui vivait auparavant une existence paisible, rythmée par ses visites au cimetière et sa passion pour le tricot. Chacun à une étape différente sur le chemin de la vie – elle a tout vu, il s’étonne de tout –, Lucette et Jean vont s’apprivoiser en attendant le retour de la mère du petit garçon.
Ensemble, dans une société en plein bouleversement, ils découvrent que ce sont les bonheurs simples qui font le sel de la vie.
Un duo improbable et attachant pour une cure de bonne humeur garantie !

Mon avis
Et voilà comme à chaque fois avec les romans d’Aurélie Valognes, je plonge dans la lecture et je n’en ressors qu’une fois le livre achevé. Et je suis déçue de devoir attendre si longtemps avant le prochain.
Bon allez je sais qu’écrire est un véritable métier, qu’il faut du temps à l’auteur… Alors encore une fois, une journée à peine pour dévorer ce magnifique roman. J’ai adoré tourner les pages, pas trop vite tant je me délectais des paroles de Jean. J’ai souri, ri très souvent. Les larmes étaient proches aussi parfois. J’ai traversé au fil des pages des montagnes russes émotionnelles.

J’ai lu plein de courts extraits à ma fille de 14 ans. J’ai aimé voir le sourire et le rire de ma fille à cette lecture partagée. Je ne pouvais pas m’en empêcher tant cette lecture me faisait du bien. J’avais besoin de partager sur le moment. J’ai aussi envoyé quelques citations à une amie. Elles lui ont aussi beaucoup plu. Bref, ce livre doit être lu. Il est multi-générationnel. Il est superbement écrit, simplement mais avec le coeur et cela se perçoit aisément. Ce roman fait du bien ! Il est difficile car l’histoire de Jean reste quand même un parcours compliqué pour un enfant. Mais que d’amour dans ce roman ! Et Lucette, ah Lucette… Je l’ai elle aussi adorée. Cette grand-mère un peu boule piquante mais au si grand coeur en fin de compte. Il ya aussi Lucien, Thierry… Tous les personnages sont attachants et riches. Les titres de chapitre vous arrachent tous un sourire car ils vous parleront sans aucun doute. Ce sont tous des expressions parfois datées mais que nous avons tous employées ou entendues. Allez séquences mais dans le désordre : « ça va barder ! », « En avoir gros sur la patate », « rond comme une queue de pelle », c’est parti , mon Kiki ! », « roule ma poule » et tant d’autres encore.

Je vous encourage vraiment à lire « Au petit bonheur la chance ».

L’art de perdre d’Alice Zeniter

Le résumé
L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?

Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

Mon avis
Un magnifique roman sur la quête de racines. D’où vient-elle, qu’ont vécu ses aïeux, grands-parents, parents. Qu’est-ce qui les a poussés à quitter leur pays d’origine l’Algérie ? Comment s’adapter à une nouvelle société, une nouvelle culture, une nouvelle langue, une nouvelle vie tout simplement.
Naïma découvre peu à peu l’histoire familiale qui reste taboue pour certains. Son grand-père était considéré comme un « harki ». Sa grand-mère ne lui a malheureusement pas confié ses origines car elles ne partageaient pas la même langue. Mais on sent bien aussi que son père a tout fait pour s’intégrer quitte peut-être à renier un temps son histoire familiale. Comme s’il en avait honte. La relation avec sa compagne devenue sa femme se construit juste autour d’eux deux puis ils apprennent à se dévoiler l’un à l’autre de manière plus intime au travers de leur histoire familiale, de leur éducation et finalement vont apprendre la tolérance. Ils vont gommer peu à peu leurs réticences à se confier et se révéler dans toute leur personnalité, forgée par leur éducation mais aussi par leur chemin personnel.
Ce roman lève le voile pour moi sur une Histoire souvent murmurée plutôt que vraiment évoquée. On sent bien au fil des chapitres le poids des traditions, le poids des familles et également peu à peu, la volonté de s’affirmer, d’exister pour soi bien au-delà du chemin vers lequel nous aurait conduits  nos origines. Bref un roman qui, à mon sens, se savoure. J’ai aimé prendre le temps de tourner les pages, de découvrir peu à peu ces personnages travaillés et si humains en fin de compte.

La femme qui ne vieillissait pas de Grégoire Delacourt

Le résumé
«  À quarante-sept ans, je n’avais toujours aucune ride du lion, du front, aucune patte d’oie ni ride du sillon nasogénien, d’amertume ou du décolleté; aucun cheveu blanc, aucune cerne; j’avais trente ans, désespérément.  »
Il y a celle qui ne vieillira pas, car elle a été emportée trop tôt.
Celle qui prend de l’âge sans s’en soucier, parce qu’elle a d’autres problèmes.
Celle qui cherche à paraître plus jeune pour garder son mari, et qui finit par tout perdre.
Et puis, il y a Betty.

Mon avis
Jeunesse éternelle, cure de jouvence, chirurgie esthétique ? Certaines femmes et certains hommes donneraient tout ou paieraient des sommes faramineuses pour rester jeunes ou en tout cas paraître jeunes.
Vieillir, laisser ses rides apparaître, marquer un visage, tracer les sillons d’une vie, accepter d’avancer en âge : un sujet très intéressant sur l’acceptation de soi, de son apparence qui change avec les années qui passent.
« La femme qui ne vieillissait pas » est un très beau portrait de femme qui, elle, souffre de ne pas vieillir en apparence. Son corps s’essouffle mais il ne le laisse pas paraître. Perturbant car son vieillissement apparent survient à l’âge où sa mère s’est éteinte. Elle souffre de voir un écart se creuser entre son âge réel et son apparence de jeune femme. Elle ne correspond plus à ceux qui l’entourent, on ne peut plus la qualifier pour lui permettre d’appartenir à une famille, de tenir son rôle de mère… tout cela juste parce que son apparence ne change pas.

Elle a toujours physiquement parlant 30 ans. Un roman perturbant quand on perçoit le poids des apparences justement qui dirigent une existence, qui gomment une histoire d’amour pourtant si forte. Le regard des autres est-il si important que cela finalement ? Ne doit-on pas plutôt s’attacher à ce que représente une personne pour soi ? Facile à dire mais peut-être plus ardu à vivre au quotidien quand tout marque votre différence. Encore un roman remarquable empreint d’une grande sensibilité, écrit certes par un homme mais tout y est.

Un fils parfait de Mathieu Ménégaux

Le résumé
Maxime, enfant unique d’Élise, a tout du fils parfait : brillantes études et carrière fulgurante ; c’est un mari aimant comme un père attentionné. Un jour, sa femme Daphné va découvrir la faille dans ce tableau idyllique. Le conflit est inévitable : il sera sans merci.
Jusqu’où une mère doit-elle aller pour protéger ses filles et faire valoir ses droits, alors que personne n’accepte de la croire ? Inspiré d’une histoire vraie, Mathieu Menegaux nous livre ici le récit du combat d’une mère contre la machine judiciaire.

Mon avis
Une lecture coup de poing. Ouah tout simplement. La plume de Mathieu Ménégaux qui prend la place d’une femme pour son récit est époustouflante. Un second roman très réussi mais qui fait froid dans le dos tant Maxime semble intouchable. J’ai aimé l’originalité de la narration. Un roman écrit entièrement comme une lettre adressée à la mère de Maxime. Tout y est : souffrance, amour, stupeur, réalisme, réalité que l’on rejette en se disant : non impossible. Et pourtant ! Cet auteur est vraiment à suivre car il écrit de manière efficace, sensible, percutante et ses romans ne peuvent laisser quiconque de marbre. Un coup de coeur derrière le coup de poing en plein coeur !

Petit pays de Gaël Faye

 

Le résumé
En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel  voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages… J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »
Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d’un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, un premier roman d’une ampleur exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour, de personnages qui tentent de survivre à la tragédie.

Mon avis
Ce livre avait été encensé et je comprends bien pour quelle raison. Il est émouvant, sensible, pudique mais ô combien difficile tant l’on perçoit le désespoir de ce jeune homme qui a grandi dans une Afrique qui s’est délitée progressivement. Il est pris entre des guerres ethniques auxquelles il n’a pas envie d’être mêlé, il veut juste grandir dans sa famille, conserver ses amis, qu’ils soient blancs, noirs, métisses, Hutus ou Tutsis… On sent aussi le racisme colonial qui affleure parfois à certains passages. Sa famille est secouée car mixte et sa mère est prise entre son amour pour son pays, ses racines et la famille qu’elle s’est construite avec un Français. On la sent malmenée entre deux identités qui s’affrontent en elle.

La vie va se charger durement de replonger ce garçon dans une réalité qu’il n’avait pas envie de vivre. Elle lui ouvre les yeux sur la cruauté de l’être humain, sur la souffrance, sur la difficulté de revendiquer ses origines, sur finalement le manque de tolérance de l’être humain et le racisme. Un livre édifiant et tellement bien écrit. Mais que son parcours est difficile, les larmes étaient proches à bien des pages tant l’écriture de Gaël Faye est belle, habile et sous une narration qui pourrait sembler naïve au travers des yeux de ce garçon, c’est toute l’horreur de la guerre au Burundi et au Rwanda qui vous saute aux yeux.

Ouahhhh tout simplement !

Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin

 

Le résumé
Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses.