Le choix des autres de Françoise Bourdin

Le résumé
Lucas et Clémence, Virgile et Philippine, deux couples d’amis comme tant d’autres. Mais ces quatre trentenaires ne s’invitent pas à tour de rôle pour dîner ensemble, ils vivent sous le même toit, dans un immense chalet conçu pour une famille nombreuse.
Lucas et Virgile ont été à l’origine de ce projet ; amis depuis le lycée et passionnés de montagne, ils quittaient Paris pour les stations de ski dès qu’ils le pouvaient et ont été séduits par La Joue du Loup, à proximité de Gap, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Et puis Lucas est tombé amoureux de Clémence, cette belle jeune femme en instance de divorce à qui il est venu faire la cour tous les week-ends…
Depuis, Lucas, Clémence, leurs deux petites filles, Virgile et Philippine vivent en harmonie et savourent le calme de leur chalet, à neuf cents mètres d’altitude, avec une vue imprenable sur le Vercors et le Luberon. Mais cette belle entente résistera-t-elle au retour dans la région de l’ex-mari de Clémence, qui n’a pas supporté leur séparation et est bien décidé à récupérer celle qu’il considère encore comme sa femme ?
Personnifiée à travers cet être possessif, la Jalousie s’invite dans la vie du chalet, au risque de contaminer ses habitants, tandis que l’hiver, particulièrement rude cette année, rend les routes dangereuses et fait naître au sein du groupe un sentiment d’isolement…

Mon avis
Je me suis laissée emporter par ce nouveau roman de Françoise Bourdin mais je l’ai moins aimé que les autres. Peut-être est-ce parce que je ne trouve pas très réaliste cette histoire de copropriété. Tout est à mon goût un peu trop beau, un peu trop réussi et finalement un peu trop facile. Il y a bien ce retour de l’ex-mari qui vient pimenter un peu le fil du roman. On retrouve un thème cher à Françoise Bourdin avec deux personnages qui décident à un moment donné de leur vie de sortir du rang, de s’affirmer et de ne pas suivre la route tracée pour eux. Mais bon, je dirais que cette fois-ci cela ne suffit pas à me plaire autant. Le roman reste pour autant bien écrit. 

 

Le bonheur n’a pas de rides d’Anne-Gaëlle Huon

Le résumé
Le plan de Paulette, 85 ans, semblait parfait : jouer à la vieille bique qui perd la tête et se faire payer par son fils la maison de retraite de ses rêves dans le sud de la France. Manque de chance, elle échoue dans une auberge de campagne, au milieu de nulle part. La nouvelle pensionnaire n’a qu’une obsession : partir, le plus vite possible ! Mais c’est sans compter sur sa fascination pour les autres occupants et leurs secrets. Que contiennent ces mystérieuses lettres trouvées dans la chambre de Monsieur Georges ? Et qui est l’auteur de cet étrange carnet découvert dans la bibliothèque ? Le jour où son grand âge se rappelle à elle, Paulette réalise qu’elle peut compter sur cette bande d’excentriques et que les années ne comptent pas pour découvrir l’amitié. Car au final, ces rencontres vont changer sa vie et, enfin, lui donner un sens.

Mon avis
Ce roman est une lecture qui fait du bien. Je dirais même une leçon de vie et de tolérance. Paulette, cette vieille dame ronchon, mais qu’elle est attachante sous ses airs de mamie râleuse qui pique plus qu’elle ne distribue de la douceur. J’ai adoré le début du roman qui nous plonge illico dans un bon rythme de lecture et surtout qui ne manque pas de faire sourire et même rire le lecteur. Elle cache bien son jeu en tout cas Paulette. Anne-Gaëlle Huon plante son décor très vite et installe sa galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres. Leurs silences, leurs secrets… tout cela fait que l’on s’attache vraiment très vite à cette troupe de l’auberge de M. Yvon. Chacun à sa manière veille sur l’autre et le respecte. Puis très vite, on sent bien que les liens qui les unissent vont au-delà de la simple entraide ou cohabitation. Ils se protègent les uns, les autres et Paulette s’installe, crée sa place bien malgré elle et ses envies d’ailleurs. Elle n’avouerait pour rien au monde qu’elle est bien dans cette auberge. Question d’orgueil aussi ! « Le bonheur n’a pas de rides » est un roman sur la vieillesse aussi. Drôle, attachant, attendrissant et finalement plein de vie. J’ai eu un vrai coup de coeur pour ce roman. 
 

L’instinct maternel de Barbara Abel

Le résumé
Richard et Jeanne Tavier jouent, depuis de nombreuses années, la comédie du bonheur parfait dans le milieu huppé qu’ils fréquentent. Leur agressivité et leur mépris sont renforcés par le fait qu’ils n’ont jamais pu avoir d’enfant. Edwige, la confidente de Jeanne, l’aide de son mieux en lui procurant conseils et tendresse. Un soir, celle-ci débarque chez elle et lui annonce que Richard s’est rompu le cou en tombant dans l’escalier. Edwige n’est pas dupe mais couvre son amie en l’assurant de son silence. À l’ouverture du testament, le notaire annonce à la veuve que Richard lègue sa fortune à une inconnue, Suzanna Da Costa. Il reste bien une moitié de l’héritage du père de Richard qui aurait dû lui revenir ! Si seulement elle avait eu un descendant mâle comme le spécifiait le testament de M. Tavier senior ! Dépit, colère, haine, Jeanne transforme son ressentiment en une boule de fiel qui lui fait perdre la raison. Décidée à retrouver la femme qui a hérité à sa place, elle a bien l’intention de la supprimer. 

Mon avis
C’est le premier thriller que Barbara Abel ait écrit et l’on y découvre des thèmes qui lui semblent chers : désir d’enfant inassouvi, jalousie, folie… Son personnage principal, Jeanne, fait tout simplement froid dans le dos. Elle bascule dans la folie meurtrière en un rien de temps et semble ne plus pouvoir s’arrêter tant qu’elle n’aura pas accompli son dessein, être mère. Cette jeune femme qui finalement s’est effacée tant d’années dans l’ombre d’un mari pour lequel les apparences comptaient plus que tout, révèle sa part d’ombre. Plus rien ne peut canaliser sa folie.
Dès la lecture du testament, Jeanne sent qu’elle est déchue. Elle ne pourra plus vivre dans ce milieu dans lequel elle évolue depuis si longtemps grâce à son mariage, et ça c’est inacceptable pour elle. Alors elle bascule irrémédiablement dans la folie. Désir d’enfant, jalousie, folie destructrice, situations cauchemardesques s’entremêlent et le lecteur se demande juste jusqu’où cette échappée dans la folie va la conduire. 
 

L’homme qui fuyait le Nobel de Patrick Tudoret

Le résumé
Tristan Talberg, écrivain reconnu, se voit décerner le prix Nobel. Mais… il n’en veut pas. Misanthrope, en deuil d’une épouse aimée, il est pris de panique devant le vacarme médiatique provoqué par le prix et décide de s’enfuir de Paris. Réfugié chez des amis, traqué par la police qui pense à un enlèvement et par une meute de journalistes en quête d’un scoop, il doit encore fuir vers des horizons dont il ignore tout. Sur la route de Compostelle, il retrouvera le goût de vivre.
Bouleversant et drôle à la fois, c’est le roman d’un amour fou où s’entrecroisent récit et lettres à une femme aimée. 

 

Mon avis
Ce roman est inhabituel parmi mes lectures mais je l’ai apprécié. J’ai trouvé intéressant ce cheminement et cette réflexion qu’a le principal personnage, Tristan. En fait, il n’a jamais fait le deuil de sa femme décédée. Il se lance sans l’avoir vraiment prévu ni préparé sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle alors que l’on vient de lui attribuer le Nobel à lui qui n’écrit plus une ligne depuis que la maladie lui a arraché son épouse.

Cette marche, cette douleur qu’il inflige à son corps va lui permettre de soigner peu à peu la douleur de cette perte. Une manière de s’apaiser, de se reconstruire, de retrouver peu à peu goût à la vie et de sortir de la misanthropie dans laquelle il s’est enfermé par chagrin et désespoir. Les rencontres sur ce chemin vont lui permettre de s’ouvrir et de se tourner vers la vie. Les lettres à sa défunte épouse qui jalonnent le roman sont des odes à l’amour. Bref ce roman est une très belle déclaration d’un homme éperdu d’amour pour son épouse défunte, c’est aussi un lent parcours vers une renaissance après le deuill. 

Ne regarde pas l’ombre de Laurent Philipparie

Le résumé
À deux pas des Invalides, lors d’un banal contrôle routier, Grégoire Janot, l’ennemi public numéro un, est interpellé. Antoine Desade, le célèbre acteur, l’ami du ministre de l’Intérieur, se fait agresser…
Réputé le plus calme de Paris, le commissariat du 7e arrondissement voit les missions urgentes s’enchaîner. La situation vire au cauchemar lorsque Janot et ses complices prennent le commissariat en otage. L’intervention de Germain, un flic sorti de nulle part, bouleverse le cours des événements. Le commissaire Nicolas Valmer, « patron » de permanence, confronté à une situation inédite, va être amené à explorer coulisses policières aussi terribles qu’insoupçonnables…

 

Mon avis
J’ai rencontré Laurent Philipparie au salon du polar de l’Entre Deux Mers, organisé en mai 2017 par les Psychopathes du polar à Fargues Saint-Hilaire (Gironde). Une rencontre fort sympathique qui m’a donné envie de découvrir l’univers romanesque de ce capitaine de police. 

On retrouve une écriture de flic, un peu nerveuse, un peu trash dans les détails sanglants parfois. Et on découvre aussi un univers faits de non-dits, de dissimulation, de personnages un peu borderline. J’ai bien aimé même si je trouvais le début un peu trop facile. C’était en fait une jolie manière d’harponner le lecteur et de le conduire dans cet univers policier où on le comprend bien la solidarité, la loyauté entre collègues, la protection entre eux prédominent. On comprend aussi qu’il doit être bien difficile d’être un peu à part, de se désolidariser si cela devient nécessaire. La force de cette unité décrite réside dans sa solidarité, son soutien envers les autres et surtout le silence parfois aussi. Un monde où l’on est semble-t-il bien avisé d’avoir et de garder des soutiens. Une découverte intéressante donc, ce polar.

 

Mon bilan lecture en septembre

Le mois de septembre aura été propice à la lecture pour moi puisque je suis au repos obligé. Donc autant dire que je ne me prive pas pour m'adonner à ma passion de la lecture qui m'aura emporté dans des univers bien différents les uns des autres ce mois-ci. Côté thriller ou polar, François-Xavier Dillard et son glaçant "Fais-le pour maman" ou encore Barbara Abel dont j'ai découvert le tout premier thriller psychologique "L'instinct maternel", un livre qui laissait augurer une suite plus que prometteuse pour cette auteur.

Laurent Philipparie, une découverte fort agréable avec son vocabulaire et son univers de flic.

Côté romans, Françoise Bourdin, vous l'avez sûrement compris, fait désormais partie de mes auteurs incontournables pour son talent à raconter des parcours de femmes, des sagas familiales… J'en ai donc toujours au moins un dans ma PAL. Je reste juste un peu plus mesurée sur don dernier roman paru "Le choix des autres" que j'ai moins aimé que les autres. Patrick Tudoret, une lecture avec un style inhabituel pour moi mais très plaisante pour autant. "Le gang des rêves", cette saga à travers les personnages de Luca Di Fulvio dans les années 20 aux Etats-Unis, j'ai tout simplement adoré et dévoré les plus de 900 pages.

La suite de Lynwood Miller, le polar mais pas que… de Sandrine Roy. Il me tardait et je désespérais de pouvoir le lire tant sa sortie en édition papier a été maintes fois reportée. Lu en deux jours et déçue de devoir laisser ces personnages si attachants. 

Que dire de "La Tresse"? Un roman époustouflant de justesse et de délicatesse. Quant à Sarah McCoy, j'ai retrouvé avec un plaisir immense sa plume qui vous emporte d'une époque à l'autre en deux temps trois mouvements. Adoré aussi.

Découverte aussi d'Anne-Gaëlle Huon avec "Le Bonheur n'a pas de rides" et sa fabuleuse Paulette avec la bande de l'auberge de M. Yvon. 

Découverte également de l’écriture d’Adelaïde de Clermont-Tonnerre et franchement j’ai beaucoup aimé son roman qui se déroule entre la fin de la seconde guerre mondiale et les années 70, entre l’Allemagne et les Etats-Unis.

Bref septembre fut un mois riche de lectures et d'aventures pour mon imaginaire à travers différentes époques. Je recommande donc tous ces ouvrages à celles et ceux qui ne les auraient pas lus (ils ne sont pas tous en photo car certains m’ont été prêtés ou je les ai à mon tour prêtés).

Les lectures en détail : 

Enfin pour conclure, je dirais que j'ai trois coups de coeur absolus pour "Le bonheur n'a pas de rides", pour "Le gang des rêves" et « Le dernier des nôtres ».

 

Un parfum d’encre et de liberté de Sarah McCoy

Le résumé
1859. Chez les Brown, la cause abolitionniste se transmet de père en fille. En pleine guerre de Sécession, la jeune Sarah suit les traces de son célèbre paternel, sacrifiant tout de sa vie de femme dans son combat pour la liberté…
2014, banlieue de Washington. En achetant cette vieille demeure sur Apple Hill, Eden pensait pouvoir guérir son désir d’enfant – que son corps lui refuse. Une nouvelle vie, de nouveaux voisins et, surtout, cette mystérieuse tête de poupée retrouvée dans la cave, lui ouvriront un autre chemin, tracé pour elle depuis plus de 150 ans.
Plusieurs décennies séparent ces deux femmes et pourtant leurs destins se rejoignent sur bien des points…

 

Mon avis
J’avais adoré, oui oui le terme n’est pas trop fort, « un goût de cannelle et d’espoir » de Sarah McCoy. Ici pour moi elle confirme son talent à entremêler la grande Histoire et l’histoire de ses personnages. On alterne les chapitres à l’époque actuelle et à l’époque de la Guerre de Sécession sans jamais se lasser. Ses personnages sont forts, sont admirables et tellement attachants. Elle réussit à dépeindre une fresque historique où l’émotion reste bien présente. Et très franchement, on aimerait que ce roman ne s’arrête pas et passer encore un peu de temps avec les personnages. Le roman compte près de 500 pages mais qui se lisent à la vitesse de l’éclair. Je trouve la plume de Sarah McCoy délicate, précise, fine et très agréable. En très peu de pages, elle parvient à nous plonger dans son roman. Je recommande donc sans aucune hésitation.

 

Le testament d’Ariane et Dans les pas d’Ariane de Françoise Bourdin

Le résumé « Le testament d’Ariane »
À la mort d’Ariane Nogaro, c’est, contre toute attente, sa nièce Anne qui hérite de tous ses biens, dont la demeure familiale landaise nichée entre forêt et océan. La joie fait vite place à la déception : cette maison, berceau des Nogaro, éveille des jalousies insoupçonnées au sein de la famille. Mariée à un vétérinaire et mère d’un garçon d’une douzaine d’années, Anne, qui menait jusqu’à présent une vie paisible, va devoir trouver le juste équilibre entre ses propres désirs et la volonté des siens.

Le résumé « Dans les pas d’Ariane »
Malgré l’hostilité de ses proches, Anne Nogaro a décidé de s’installer dans la maison que lui a léguée sa tante Ariane. Son projet : transformer l’antique demeure en gîte rural. Lorsque Paul la quitte, lassé de ses idées fantasques, Anne est plus déterminée que jamais. Mais le journal intime d’Ariane, dont elle a retrouvé la suite, va une nouvelle fois bouleverser l’harmonie familiale…

Mon avis
Françoise Bourdin a ce don de faire plonger son lecteur en quelques lignes dans l’univers de ses personnages. Cette saga familiale sur fond d’héritage est vraiment très belle. On y découvre une jeune femme à la vie qui semble toute tracée. Et pourtant, la vieille tante que tous qualifient de folle, Anne l’aime bien et lui rend visite régulièrement. Ariane Nogaro qui a voué sa vie à reconquérir le domaine familial contre vents et marées. Ariane s’éteint et laisse son héritage à Anne. Un bien bel héritage mais au-delà de la maison, c’est toute l’histoire familiale qu’Anne va apprendre à découvrir envers et presque contre tous. Elle s’installe dans la demeure et investit les lieux où peu à peu elle se découvre aussi. Autour d’elle, les lignes vont bouger et pas un peu seulement ! Françoise Bourdin décrit une fois de plus un parcours de femme qui s’affirme et qui prend son avenir en main, souvent contre l’avis de ceux qui l’entourent. Je recommande !

 

La tresse de Laëtitia Colombani

Le résumé
Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

Mon avis
J’ai hésité à lire ce roman tant encensé. Et je ne regrette absolument pas d’y avoir plongé. C’est tout simplement un roman sur la femme à travers trois pays, trois cultures, trois histoires et trois destins. Rien ne laisserait présager que leur destin est intimement lié. Mais jamais elles ne se croiseront. Et pourtant… sans le savoir, le cheveu cette petite particule de l’être humain va les réunir. Il est fin, il est ténu mais c’est le fil qui relie l’histoire de ces trois femmes. Chacune à sa façon va bousculer sa vie telle qu’elle était écrite. Chacune décide de se saisir de son avenir à un moment donné, de son avenir mais aussi de celui de celles qui l’entourent. Car il est beaucoup question des femmes dans ce roman.

Smita, une Intouchable, va tout tenter pour épargner à sa fille la vie misérable qui lui est destinée, à savoir vider les latrines de ceux qui sont juste de la caste supérieure. Elle décide de ne plus subir et veut offrir une vie meilleure que la sienne à sa petite fille.

Giulia en Sicile va secouer elle aussi le destin de sa famille et des ouvrières de son atelier de perruques. Mais il faut une énergie redoutable pour parvenir à faire bouger les lignes, changer les habitudes. Il suffit d’un cheveu et d’une rencontre amoureuse pour la porter et lui donner le courage de donner jour à son projet. Doit-elle aller contre la tradition ou doit-elle innover et redonner vie et avenir à son atelier ? 

Enfin il y a Sarah, une working mum que rien n’arrêtait. Tout était millimétré au détail dans sa vie. Pas de fantaisie non, mais un surinvestissement dans son travail, sa réussite professionnelle et la reconnaissance qu’elle lui a apporté semblent être son moteur. Jusqu’au jour où… sa vie s’écroule. Elle n’est pas infaillible, elle aussi peut être vulnérable. Malade, elle ouvre les yeux sur le monde de requins dans lequel elle évoluait et son cancer la conduit vers un atelier de perruques.

J’ai aimé l’histoire de ces trois femmes aux vies si différentes. J’ai aimé cette écriture sensible, à un cheveu près. J’ai aimé ces chapitres courts qui donne du rythme à la lecture. Bref je recommande.

Fais-le pour maman de François-Xavier Dillard

Le résumé
Au début des années 70, Sébastien, 7 ans, vit seul avec sa soeur adolescente, Valérie, et leur mère. Cette dernière arrive tant bien que mal à joindre les deux bouts, occupant un job ingrat qui lui prend tout son temps et toute son énergie. Une dispute de trop avec sa fille, et c’est le drame familial. Valérie survivra à ses blessures mais la police ne croit pas à la version de la mère : elle accuse son petit garçon d’avoir blessé sa soeur. Elle sera condamnée à cinq de prison.
Des années plus tard, alors que sa soeur vit dans un institut spécialisé et que sa mère n’est jamais reparue, Sébastien est devenu un père et un médecin exemplaires… Mais de mystérieux décès d’enfants parmi ses patients annoncent le retour funeste des voix du passé…

Mon avis
François-Xavier Dillard plante le décor dès les premières pages et l’on mesure combien la tension psychologique va être forte dans ce livre. Pour autant, j’avais deviné très vite où l’histoire mènerait et j’en ai donc été un peu déçue. Ce polar ne m’a pas autant plu que le dernier paru de cet auteur « Ne dis rien à papa« . Mais faire se rencontrer des personnages à l’histoire personnelle déjà si tourmentée était intéressant.

L’enfant est également omniprésent dans ce thriller, l’enfant qui souffre, qui a souffert et dont la vie reste à jamais marquée par ces souffrances. L’enfant qui a besoin de repères, de parents… Comment un enfant peut-il se construire de manière équilibrée quand de telles failles ont marqué sa jeunesse ?

Originalité avec les chapitres où l’histoire est vue, vécue, décrite par la fille de Sébastien. A tout juste 12 ans, elle est clairvoyante, lucide et semble quand même très mature pour son âge. 

J’ai quand même aimé la manière de raconter avec des chapitres où l’histoire se déroule au travers de chaque personnage. Le doute reste quand même omniprésent dans toute l’histoire. Qui a blessé Valérie ? Sébastien ? La mère ? Il faut arriver vraiment dans les dernières pages pour vérifier ses certitudes de lecteur ou revoir complètement son avis. Un thriller aux esprits torturés qui tient quand même bien en haleine son lecteur.