Entretien avec David Patsouris

Je vous emmène à la rencontre de David Patsouris, auteur de romans noirs, très très noirs. Je dirais que son écriture est taillée au scalpel et le rythme de ses livres très soutenu. 


Qui êtes-vous en quelques mots ?
Un père, un journaliste, un écrivain et, occasionnellement, un surfeur. J’ai malheureusement déjà 48 ans. Je suis né à côté de Royan d’un père ostréiculteur et d’une mère esthéticienne. J’ai grandi au bord de l’océan et j’habite aujourd’hui à Gujan-Mestras, sur le bassin d’Arcachon. J’ai publié deux romans noirs aux éditions Rouergue Noir, « Cognac blues » en 2013 et « Ainsi débute la chasse » en 2017. Ils n’ont pas eu grand succès.

Quelle place occupe la lecture dans votre quotidien ?
Une place primordiale. J’ai commencé à lire vers l’âge de 17 ans. J’ai beaucoup lu de poésie (j’en ai même publié il y a très, très longtemps), de littérature blanche et puis un jour, j’avais alors 23 ou 24 ans, un pote m’a forcé à lire « Lune sanglante » de James Ellroy et ça m’a littéralement retourné la tête. Depuis, je ne lis quasiment plus que du noir et même, j’en écris. Dans mes lectures, l’intrigue ne me passionne pas forcément, c’est la phrase de l’auteur, son style qui m’intéressent. J’ai besoin de bouffer des phrases.

Avez-vous des habitudes de lecture : un endroit préféré ? Un rituel ?

Aucun, je lis partout et dès que je le peux.

Votre récent coup de cœur littéraire et pour quelles raisons ?
J’ai adoré « Mauvais coûts » de Jacky Schwartzman au Seuil, très drôle, très cynique. J’ai aussi dévoré « Devant la mort » le livre posthume de poésie paru chez Gallimard d’Hervé Prudon, un écrivain magnifique qui n’a jamais eu la reconnaissance qu’il méritait, un livre qu’il a écrit alors qu’il savait que le cancer aurait sa peau, émouvant aux larmes. J’ai beaucoup aimé le dernier Goncourt, une fois n’est pas coutume, « Leurs enfants après eux » de Nicolas Mathieu. Cet écrivain dit des choses essentielles et il les dit bien. Enfin, je relis beaucoup. « White jazz » de James Ellroy, les livres de Jean-Patrick Manchette (« Le petit bleu de la côte ouest », « La possition du tireur couché » surtout), ceux de Lawrence Block (« Huit millions de façons de mourir » et  « Tous les hommes morts »), de Robien Cook (« J’étais Dora Suarez »), Jack London (« Martin Eden », etc), etc. Je relis beaucoup.

L’écriture c’est quoi pour vous ? Que vous apporte-t-elle ?
J’ai commencé à écrire à l’âge de 17 ans, le jour même où j’ai appris que mon grand-père allait crever de son cancer, et je n’ai plus arrêté depuis. J’imagine que ça m’est indispensable. Même si je ne trouve pas ça forcément sain d’avoir besoin de se raconter des histoires et des trucs tout seul dans son coin, j’en ai besoin. Après, c’est un truc extraordinaire, une jouissance incroyable. Quand tu écris vraiment, que tu es plongé dedans, les heures n’existent pas, c’est un état merveilleux, vraiment.

De nouveaux projets en cours ?
J’essaie de faire publier mon troisième roman noir, « Poulou est innocent », qui reprend l’intrigue de mon deuxième roman, « Ainsi débute la chasse », mais avec un autre personnage et donc un autre point de vue. Et ça change tout et les deux livres se lisent l’un sans l’autre. Le but est d’être drôle, de faire rire dans le cadre d’un roman noir. J’essaie aussi de faire publier, mais là, c’est plus compliqué, un recueil de poésies écrites sur des collégiens que j’ai connus quand j’étais pion à Vitry-sur-Seine en 1995. C’est une poésie simple, directe, narrative, mais la poésie n’intéresse personne, c’est dommage. Je les publie sur mon profil Facebook mais j’ai la prétention de croire qu’ils mériteraient d’être dans un vrai livre. Enfin, j’ai commencé l’écriture d’un polar pour jeunes ados que j’ai pour l’instant intitulé « Puceau », tout un programme !

Un mot pour les lecteurs de jadorelalecture.com pour finir ?
Les livres servent à vivre d’autres vies, alors lisez parce que nos vies à toutes et tous sont forcément, à un moment ou un autre, trop petites. On ne peut pas tout vivre dans la réalité. Avec les livres, oui, c’est possible. Alors lisez !

 

Crédit photos : Sébastien Laval

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